jeudi 22 mars 2012

Fin du challenge Winter Time Travel 2 avec le RSF Blog


Et voilà c'est fini ! Le Winter Time Travel 2, proposé par Lhisbei sur le RSF blog est terminé, du moins dans cette ligne-ci du temps...

Quelques 28 participants ont publié 95 billets ! Pour ma part, voici les deux livres que j'ai lus et chroniqués pour l'occasion :

Utopiales 2011, l'anthologie des Utopiales chez ActuSF (Nouvelles)

Yesterday de David Blot et Jérémie Royer chez Manolosanctis (BD)

J'avais prévu de chroniquer deux autres livres, le roman Bloodsilver de Wayne Barrow et une BD de la série Jour J... Bon je n'ai pas eu (ou pas pris) le temps !

En tout cas ce fut une expérience très sympa, et cela donne énormément de pistes de lecture pour la suite, que vous pouvez retrouver dans le billet de clôture de Lhisbei.

Oh et en plus j'ai gagné l'un des deux exemplaires du Maître du Haut-Château de P. K. Dick, nouvelle traduction chez Nouveaux Millénaires ! Grand merci !

dimanche 18 mars 2012

♥ Les Créateurs de Thomas Geha

Le pitch :
Il était une fois rien du tout. Il était une fois six histoires où le lecteur se retrouve confronté à des situations improbables quoiqu'étrangement familières. Et si vous pouviez faire revivre un être disparu ? Et si votre rêve le plus fou pouvait se réaliser ? Et si votre vie était factice ? Et si l'amour n'était qu'un éternel recommencement ? Et si et si et si.

Mon avis :
Les nouvelles et romans de Thomas Geha sont toujours très différents. Dans les premières, toute sa sensibilité s'exprime, dans les seconds son sens de l'aventure reprend le dessus. Ce qui donne, dans un cas comme dans l'autre, des textes de qualité et un plaisir toujours intact.

Ce recueil constitue donc pour moi, fan des romans de l'auteur, une autre manière de le redécouvrir. Et ceci avec un grand bonheur !

Je note d'abord la préface de Philippe Ward et Sylvie Miller, totalement dithyrambique et barrée, à laquelle je ne peux qu'adhérer et qui s'intitule Si Thomas Geha n'existait pas... (un de mes pires cauchemars !!) 

Lorsque vous aurez terminé la lecture de ces nouvelles,
vous n'aurez qu'une seule envie :
dévorer d'autres textes de Thomas Geha. Parce que c'est addictif.

Je vais juste parler des nouvelles que je retiens plus particulièrement, même si les six m'ont plu.

Bris : petite touche SF du recueil - qui s'oriente plutôt fantastique - cette histoire dérangeante nous présente Bris/Brice, un amnésique qui se retrouve dans une ville glauque et sans issue comme je les aime, à savoir La Verrue. Avec l'aide de sa compagne, qui l'a recueilli, il cherche des informations sur son passé... Mais il y a parfois des raisons à l'oubli.

La Verrue. Quel nom étrange pour une ville.
On la dirait née du songe tordu d'un malade mental.

Dans les jardins : le texte inédit du recueil, poétique et sensible, qui se passe dans notre belle Bretagne. J'ai découvert le principe de la lanterne magique, ancêtre de la diapo. Son utilisation par Kaddiern est vraiment très surprenante ! J'espère qu'un jour mon jardin ressemblera à celui-ci.

Un après-midi, alors qu'il passait les herbes hautes à la faucille près du mur de la maison, Kaddiern glissa dans ce qu'il crût être un simple trou.

Sumus Vicinae : dernière nouvelle du livre et pas des moindres, elle a été écrite en hommage à Nicholas Lens, un compositeur contemporain, dans le cadre du recueil Flammagories. Dans cette histoire, les notes ont remplacé la pluie, les larmes, et les humains côtoient les cyclopes. Un homme va, sans le vouloir, tuer sa femme de manière étonnante, et partir en quête d'une explication...

Il notait à verse.
Un sombre requiem. Les notes s'écrasaient avec tristesse sur le sol
et sans bruit sur mon imperméable noir.


Thomas Geha aime raconter des histoires d'amour impossibles, contrariées, fatales, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs !

Il nous offre ici des textes très travaillés, dans une langue soutenue et ensorcelante, des nouvelles poétiques qui font réfléchir, s'interroger. C'est un recueil d'une qualité bluffante publié par les Editions Critic, avec une couverture de Laurent Guillet, un incontournable que je vous recommande plus que chaudement ! En plus, sérieusement, 13 euros, c'est donné pour un petit bonheur pareil.

samedi 10 mars 2012

Le massacre des innocents, Chroniques barbares de Mallock

Le pitch :
La tour Eiffel, un ciel bleu, un soleil citron, une petite fille en robe jaune à pois blancs, ses parents, son frère, un policier en sueur. Brutalement, l'homme en uniforme ouvre le feu! Ainsi commence la nouvelle enquête du commissaire Mallock. Un peu partout en France, les massacres s'enchaînent. Virus? Secte? Terrorisme? Le mystère est total, la panique à son comble. Le pays apprend à vivre avec le couvre-feu et l'armée dans la rue. Mallock et son équipe enquêtent dans une atmosphère de folie furieuse. Le commissaire, autant redouté pour son expertise que célèbre pour ses intuitions, saura-t-il arrêter le massacre des innocents ? 

Mon avis :
Voici un thriller avec une couverture bien inquiétante et stressante et un pitch très intéressant.

L'idée de départ est originale et plutôt bonne : des massacres sont commis dans divers endroits de France, sans lien apparent entre les forcenés ou les victimes. Bien sûr Mallock, commissaire au Quai des Orfèvres, va flairer l'embrouille.

Trois minutes passèrent. Hurlements, ricochets métalliques des balles
sur la structure de fer, sang, terreur et déchirement de chair.
Dessacre avait vidé tous ses chargeurs. Alors il se baissa pour les récupérer et les recharger.

De prime abord, j'ai trouvé Mallock, le personnage principal, assez caricatural du genre : un commissaire très doué mais brisé par la vie suite à la perte de son enfant de manière violente. C'est le personnage torturé par excellence. Il a comme des révélations, lorsqu'il plonge dans son inconscient, sous alcool ou sous opium... Il se réveille avec des "intuitions" qui font avancer l'enquête. Cela peut paraître un peu facile, mais l'auteur semble s'interroger sur les mécanismes de l'inconscient bien qu'il nous laisse un peu dans le flou : sont-ce des déductions de l'inconscient ou des révélations fantastiques ? Il est bien sûr entouré d'une équipe compétente !

Le roman est jalonné de références, notamment SF, telles que Blade Runner, et aussi de recettes de cuisine car attention notre héros est un fin gourmet !

Ce roman est violent, glauque et gore comme je les aime (d'ailleurs un débat sur ce sujet est à retrouver ici !) avec certes quelques facilités mais une intrigue bien ficelée et plutôt inédite.

Vous pouvez lire le prologue sur le site de l'auteur.

lundi 27 février 2012

Le crépuscule de Briareus de Richard Cowper


Le pitch :
En 1983, l'apparition d'une supernova provoque sur la terre tornades et typhons qui font cinquante millions de victimes et rendent stériles les survivants. Cependant, certains de ces derniers, qu'on appelle « zétas » (d'après le nom d'une onde nouvelle apparue sur les électroencéphalogrammes) ont acquis d'étranges pouvoirs psychiques. On les craint, on se méfie d'eux, on les traque, mais c'est grâce au sacrifice de l'un d'eux que notre planète redeviendra féconde.
  
Mon avis :
Enfin un bon petit post-apo !!! ça faisait bien trop longtemps, j'étais en hypo post-apo...

Voici un roman anglais des années 70, publié chez Denoël dans la collection Présence du Futur (ce qui explique la couverture hideuse), écrit par Richard Cowper. L'étoile Briareus Delta explose et produit des radiations qui rendent stérile l'humanité, induisent des changements climatiques extrêmes, et créent une nouvelle onde "zéta" dans le cerveau d'une personne sur un million.

Nous suivons année par année l'évolution de la situation, les tests sur les Zétas, la dégradation du climat et des conditions de vie...

C'est ainsi que finit le monde
Non pas avec un Bang ! Mais avec un soupir.
T.S. Elliott

Parallèlement, les zétas expérimentent des "voyages", sortes de visions, du présent, du futur, qu'ils partagent. Ce roman a un côté très spirituel, de réflexion sur la vie et son sens.

La religion, c'est parier sa vie qu'il y a un Dieu. Je n'aime pas les paris.

Je lui reprocherais juste une traduction évidemment datée et retiendrait la jolie expression "il me souvient...". Ce n'est pas un roman post-apocalyptique dans l'action, mais dans la réflexion et la poésie que je vous conseille vivement ! 
 
A SAVOIR - 2021 : Le Crépuscule de Briareus est réédité par Argyll Éditions dans une traduction révisée !
 


CITRIQ

Les Chroniques des Féals, l'intégrale de Mathieu Gaborit

Le pitch :
Dans l’empire de Grif’, le temps est venu de faire renaître le phénix de l’empereur. Le jeune et talentueux Januel est choisi par la guilde des phéniciers pour s’acquitter de cette tâche. Mais un incident se produit au cours du rituel: l’empereur est tué et le phénix trouve refuge… dans le coeur de Januel. Obligé de fuir, le jeune phénicier entreprend un voyage semé de dangers et d’embûches pour comprendre ce qu’il s’est passé et prouver son innocence… Parviendra-t-il à maîtriser le phénix qui palpite en lui ?

Mon avis :

Dans le cadre du Mois de Mathieu Gaborit sur Book en Stock, Dup' et Phooka ont lancé un partenariat avec Bragelonne, qui a offert aux heureuses élues une superbe intégrale des Chroniques des Féals (Non mais vraiment, elle est belle). S'ensuivit une lecture commune à 11 que j'avoue avoir abandonnée, faute de temps.
Moi qui ne suis pas une grande fan de Fantasy, je commence peu à peu à rentrer dans le genre, et ce notamment grâce à Mathieu Gaborit. (Ou encore Thomas Geha avec le Sabre de Sang, mais c'est une autre histoire !)

On entre tout de suite dans le récit, pas de blabla inutile chez Mathieu Gaborit !

Les personnages sont pour la plupart très énigmatiques, comme Januel dont on ne connait au départ que des bribes d'enfance, les charognards cruels et mystérieux, et nous font bien accrocher aux romans.

Complots, retournements, chapitres courts et intenses, tout est fait pour nous entraîner dans l'histoire. Toutefois Mathieu Gaborit ne dira pas tout, ce qui pourra parfois être frustrant pour le lecteur, et notamment sur les Féals, sur lesquels on aurait tellement aimé en savoir plus.

Januel devient au fil de la lecture un personnage très énervant, et je vois en lisant les chroniques des copines que je ne suis pas la seule à le penser !

La compréhension des territoires se révèle assez simple, moi qui ai parfois du mal à enregistrer les noms de lieux ou de personnages en Fantasy, je n'ai eu aucun problème à rentrer dans le récit.

L'auteur crée réellement un univers riche et fantastique, qu'on souhaiterait découvrir encore plus, si seulement il avait voulu développer les nombreuses pistes ouvertes mais pas exploitées.


Retrouvez les chroniques des copines :

Pour le tome 1
Pour le tome 2
Pour le tome 3
Et l'intégrale
Elo 
 Pat 
 Roz

lundi 20 février 2012

Nouvelles à ne pas y croire de Fabien Maréchal

Le pitch :
Ici, les oiseaux font la loi, les cafetières s'enfuient, vos invités se présentent nus à votre porte, les jeux télévisés vous expédient en prison mais vos voisins ont très bon goût. Soudain plongés dans des situations qui les dépassent, les personnages de ces drôles d'histoires affrontent des questions qui traduisent l'absurdité de l'existence : jusqu'où sommes-nous dupes - de nos relations sociales, des mises en scène de la télévision, de la justice ? À quel point contribuons-nous à bâtir nos prisons ? Comment s'en évader ? Et surtout, surtout : pourquoi diantre les trains devraient-ils avoir un horaire ET une destination ? 

Mon avis :
Dans le cadre d'un partenariat avec Masse Critique sur Babélio, j'ai reçu ce court recueil de nouvelles absurdes de Fabien Maréchal, publié par les Editions Dialogues.

L'objet livre est de qualité, la couverture est de papier épais, agréable. L'illustration n'est pas de mon goût, mais représente bien le contenu du livre.

Je vais juste vous parler de mes deux nouvelles préférées :

Café : Et si tous les produits de consommation avaient leur volonté propre et refusaient tout à coup de se soumettre ? C'est l'expérience absurde et désespérante que va vivre le narrateur. J'ai été agréablement surprise par cette nouvelle courte et percutante, pleine d'humour.

A travers la fenêtre, je vis une râpe à légumes poursuivre
un concombre sous cellophane dans le jardin.
Le concombre perdait du terrain.

Récréation : Cette histoire ultra-cynique nous entraîne sur le plateau d'un jeu télévisé où le but est de dénoncer sa famille, afin de les envoyer dans des camps de travail et d'hériter tout de suite...

Petit plus des Editions Dialogues, le lecteur trouvera à la fin du livre un code afin d'avoir accès gratuitement à la version numérique du recueil.

mardi 14 février 2012

Top Ten Tuesday #7 : Les 10 livres qui vous ont fait pleurer (ou qui vous ont au moins ému)

Le Top Ten Tuesday (TTT pour les intimes), qui permet de lister son top 10 selon un thème littéraire, est un rendez-vous initialement créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani. On peut même voter pour le prochain sujet, et ça c'est chouette !

En ce mardi 14 février 2012, le but est de lister

Les 10 livres qui vous ont fait pleurer
(ou qui vous ont au moins ému)

Même pas vrai je ne suis pas une pleureuse, qui a dit ça !! Je te vois.

Le seul livre pour lequel j'ai réellement versé ma larme, voire plusieurs :

La Tour Sombre de Stephen King (Tome 7 du cycle du même nom)
Là oui, j'ai pleuré. Ouhlala oui ! On s'attache, c'est comme ça, et puis ce sont quand même mes livres préférés de la vie.


Les livres qui m'ont émue, marquée (sans ordre) :

La Guerre des Chiffonneurs de Thomas Cela Geha
Plutôt sciée par ce chapitre de fin, qui sonne tellement juste. J'ai adoré.


La route de Cormac McCarthy
Un livre émouvant, fort, avec ce style particulier, sans espoir, gris, mais tellement percutant. Un père et son fils, une relation forte dans l'adversité. Incontournable pour les émotions !



Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes
Un personnage attachant, puis qu'on voudrait claquer, puis re-attachant... Une situation sans issue et une fin difficile à accepter.



Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé de J. K. Rowling (Jeunesse ou pas)
Le tome d'Harry Potter qui fout les boules par excellence. Toi-même tu sais.


J'ai vu quelque chose qui bougeait d'Alain Serres et Silvia Bonanni (Jeunesse)
Un superbe album très poétique, autour de l'humain, comme sait nous les offrir Alain Serres, fondateur de la géniale et citoyenne maison d’édition Rue du Monde, dont je rappelle le crédo "Les oiseaux ont des ailes, les enfants ont des livres".


L'envol du dragon de Jeanne-A Debats (Jeunesse)
Avec un thème tel que celui-ci, il eût été difficile de ne pas être émue. C'est bien amené, ce n'est pas larmoyant, c'est beau, c'est fort. Un second livre réussi et poignant pour l'auteure dans l'excellente collection SF Mini-Soon Syros dirigée par Denis Guiot.


Mes autres Top Ten Tuesday, à retrouver ici !

dimanche 29 janvier 2012

Zombie Business de Jesse Petersen

Le pitch :
Tout ne va pas si mal pour Sarah et David.
Leur mariage se porte mieux que jamais, ils ont même monté leur petite entreprise d’extermination. Le marché est florissant : plein de zombies et donc plein de clients désireux de s’en débarrasser ! Sauf que… le cours du zombie s’affole quand certains s’avèrent plus difficiles à zigouiller. Une mutation ? Ce serait le début de la crise pour Sarah et David.
Les zombies, ça oblige à se creuser la tête !

Mon avis :
Encore une fois, une petite régression bien jouissive grâce à ce post-apo plutôt réussi, caché derrière une couverture qui fait fuir et son appartenance à une collection douteuse de chez Milady : Bit-Lit. Oui, ils ont osé classer cette série somme toute sympathique, drôle, zombiesque et totalement post-apo dans le sous-genre favori des adolescentes twilighteuses. Dommage pour ceux qui n'iront pas plus loin que les apparences !

Ceci est le tome 2, pour le tome 1 c'est là !

Vous connaissez ce mouvement que l'actrice principale fait chaque fois dans les films de kung-fu ou d'horreur ? Le genre de film où la fille est en cuir des pieds à la tête, avec une coupe mortelle. Elle s'accroupit sur un genou et tend l'autre jambe vers l’extérieur pour hacher menu ses adversaires, le tout ayant l'air vachement faisable, vous voyez ?
Eh bien, toutes les Carrie-Anne Moss et autres héroïnes nous ont menti  ! ça ne marche pas.

Pour les autres, voici la suite des aventures de Sarah et David dans ce monde en décomposition, dans laquelle ils ont ouvert leur boîte de chasseurs de zombies : Zombiebuster Extermination Inc. (Who are you gonna call ?) ce qui va les entrainer dans une histoire louche, leur faire rencontrer un savant tout aussi louche, et un gamin débrouillard et attachant. Oui nous avons une vraie intrigue inside ! Certes, l'amateur de post-apo ne sera pas surpris, mais il sera satisfait.

Dans ce tome, on rencontre aussi des zombies bioniques, un canon à filets, des cobayes zombies (oui le p'tit animal tout mignon et inutile), des camps de survivants... 

J'ai beaucoup aimé l'importance retrouvée des bibliothèques, devenues sanctuaires sacrés de l'information et de la connaissance, dans lesquelles on ne peut voler un livre qui pourrait se révéler utile aux survivants sans se faire lyncher.

Voler des livres dans une bibliothèque était devenu un véritable sacrilège. Tout particulièrement un livre susceptible d'aider d'autres survivants dans leur combat quotidien. Ce que j'aurais dû faire, c'est placer le bouquin sur les tables qui avaient été réunies au centre de la salle.

On retrouve aussi les légendes typiques des fins du monde : un mur aurait été construit au centre des Etats-Unis pour empêcher l'épidémie d'avancer... Info ou intox ? La fin du livre laisse présager une suite intéressante et très probablement surprenante.

Bien sûr les références chères à Jesse Petersen sont aussi présentes : Resident Evil, Delivrance, La Guerre des Etoiles (oui oui !)...

Non mais vraiment, si vous avez 5.70€, testez ces bouquins !


 
CITRIQ

samedi 28 janvier 2012

Le cycle de Lanmeur : L'homme qui tua l'hiver de Christian Léourier

Le pitch : 
La lointaine planète Nédim et son fabuleux site archéologique de Gogleth... Depuis l'enfance, Akrèn rêve de les découvrir. Elle touche au but. Du moins le croit-elle.
Son vaisseau s'est en fait posé à Loed, la capitale. Si l'on peut dire ! Une ville en ruine, des colons qui se droguent pour oublier un implacable hiver long de plusieurs décennies, des indigènes hostiles. Et Gogleth ? L'ancienne cité est à 3000 krn et désormais enfouie sous les glaces. Akrèn ne renonce pas et, étrangement, c'est un indigène, Ennian, qui lui propose d'être son guide. Bientôt leur caravane s'enfonce dans la tourmente de la steppe...
Atteindront-ils jamais Gogleth et ses trésors ? Et quel est le vrai dessein du mystérieux Ennian ? 

Mon avis :
Avec un début glauque à souhait, L'homme qui tua l'hiver ne ressemble pas à Ti-Harnog. Dans ce court roman, Christian Léourier commence par nous présenter la planète Nédim, sur laquelle les saisons durent des décennies. Les colons s'y sont installés au printemps, ils étaient 4 000. Maintenant, au cœur de l'hiver, il n'en reste que 300. Une étrange langueur les gagne, la planète semble vouloir les chasser, sans compter les indigènes qui, quasiment réduits en esclavage, les détestent.

C'est dans ce contexte plutôt hostile que débarque Akrèn, une jeune archéologue pleine d'idéaux, qui vient pour découvrir la fameuse ville enfouie de Gogleth.

Glauque, j'ai dit glauque : en effet, la ville de Loed, cité administrative, capitale, tombe en ruine. Les immeubles se fissurent, les logements sont vétustes, et rien ne semble arrêter cette déliquescence. Tout est recouvert de poussière, même les gens ! Drogués, ils sombrent régulièrement dans une torpeur malsaine.

Nous en découvrons aussi un peu plus sur Lanmeur. Non seulement découvreurs, mais aussi colonisateurs, ses habitants vivent sous "le dogme du Rassemblement" qui d'un coup nous semble une moins bonne idée, dans le style "allons évangéliser ces sauvages et au passage récupérons toutes leurs terres et leurs richesses". On s'aperçoit aussi, détail que j'ai trouvé dérangeant, que Lanmeur fait construire sur chaque planète colonisée un centre administratif architecturalement identique, afin que les fonctionnaires s'y retrouvent toujours.

Le reste du récit nous emmène dans le froid, mais alors le froid glacial, du genre moins 50 degrés. Christian Léourier nous fait vivre en traineau le chemin rude, impitoyable, de Loed à Gogleth. Une réussite, j'en grelottais devant mon poêle, comme les copines je crois !

La fin cependant laisse énormément de questions en suspens. Dommage ou pas, à vous de voir... Ce roman est court, mais intense. Encore une fois l'auteur réussit à nous transporter dans un autre monde, une autre culture, tout en nous en révélant de plus en plus sur Lanmeur. Il nous parle des cycles immuables de la vie, et de la répétition des erreurs...

Lecture commune avec Dup' et Phooka de Bookenstock et Acr0 de Livrement

Retrouvez la chronique de Phooka ici !

La chronique de Ti-Harnog, premier roman de l'intégrale, à retrouver ici.

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