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vendredi 4 juillet 2014

Concours Ainsi naissent les fantômes : and the winners are...

Folio SF vous a proposé de gagner 3 exemplaires de l'excellent Ainsi naissent les fantômes de Lisa Tuttle.

Roulement de tambour, tout ça, t'façon personne ne lit le texte, juste le nom des gagnants :p

Ils vont avoir le plaisir de lire Ainsi naissent les fantômes :
  • Fredidann
  • Un monde de nouvelles
  • Lorhkan
Vous pouviez aussi jouer chez Jae_Lou et Lelf

Je vous donne tout de même les réponses aux questions : C'est Mélanie Fazi qui a traduit Ainsi naissent les fantômes, et le dernier recueil de Lisa Tuttle paru chez Dystopia s'intitule Les Chambres inquiètes.

dimanche 25 mai 2014

Les Chambres inquiètes de Lisa Tuttle

Les Chambres inquiètes est un recueil de nouvelles de Lisa Tuttle traduites par Nathalie Serval, paru chez Dystopia, qui avait déjà publié l'excellent Ainsi naissent les fantômes de la même auteure. Les textes ne sont cette fois pas inédits : ils sont parus dans la collection Présence du Futur, dans Sur les ailes du cauchemar ou encore Le Nid.

Je trouve que le titre du recueil colle bien aux thématiques de l'auteure : on y retrouve la maison mais aussi l'angoisse, et la couverture de Stéphane Perger s'accorde à cela tout en ajoutant l'idée que quand on creuse un peu (ou avec le temps), des choses cachées se révèlent ou refont surface.

Les thèmes chers à Lisa Tuttle sont donc au sommaire : la femme, sa vie, ses choix, ses difficultés, la maternité, les violences. Mais aussi la maison, le foyer, ce lieu où l'on doit se sentir en sécurité et qui parfois devient un lieu de danger et d'enfermement.

lundi 4 février 2013

Lune lit des nouvelles #3 : Dystopia


Le pitch :
Dystopia est une association loi 1901, créée en mai 2009 par Tallis (Librairie Charybde, président), Clément Bourgoin (Librairie Ys, secrétaire) et Xavier Vernet (Librairie Scylla, trésorier).

Son objectif premier est l'organisation d'évènements liés aux littératures de l'imaginaire, policières et "mainstream". Elle travaille notamment, en collaboration avec les libraires et les éditeurs, à rassembler les fonds et à organiser la venue d'auteurs étrangers sans pour autant devoir lier l'événement à la publication d'un ouvrage de l'auteur. L'association se donne pour rôle de financer le voyage aller-retour du pays d'origine de l'auteur vers la France, de gérer la logistique de leur tournée, d'organiser au minimum séances de dédicaces et interviews à Paris. Charge ensuite aux libraires de régions et aux éditeurs de financer les déplacements en France et l'hébergement de l'auteur.

Mon avis :
Lune lit des nouvelles est une rubrique qui me permettra de regrouper des nouvelles "uniques" par thème, par éditeur ou juste comme ça si je veux d'abord. 

Je vais vous dire pourquoi j'ai lu mon premier bouquin de chez Dystopia : la couverture sublime, à tomber, du recueil Ainsi naissent les fantômes de Lisa Tuttle. Et comment vous expliquer... Le contenu est aussi beau que le contenant. Il me paraissait donc normal de continuer à suivre cette petite maison d'édition originale.

vendredi 8 juin 2012

♥ Ainsi naissent les fantômes de Lisa Tuttle

Le pitch :
Recueil de nouvelles fantastiques de Lisa Tuttle, choisies, présentées et traduites par Mélanie Fazi.

Mon avis :
Ainsi naissent les fantômes, recueil de nouvelles de Lisa Tuttle, a été publié par l'association Dystopia, qui a demandé à Mélanie Fazi de choisir ses récits préférés de l'auteur afin de les traduire et les réunir. Il a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire aux Etonnants Voyageurs 2012. Et c'est amplement mérité.

Lisa Tuttle est une auteure américaine, mais britannique d'adoption, qui excelle dans l'écriture de récits fantastiques, et est connue pour son féminisme. Mélanie Fazi est une auteure française montante des genres de l'imaginaire qui a été très inspirée par l’œuvre de Tuttle, ce qu'elle nous explique dans son intéressante préface.

J'ai énormément de choses à dire sur ce petit bouquin fort réussi qui est un coup de cœur !

Je vais commencer par la couverture renversante de Stéphane Perger qui a, entre autres, déclenché mon achat aux dernières Utopiales. Wahou quoi.

Cliquez pour bien la voir !
Comme l'indique assez clairement l'illustration, la femme, parfois écrivaine, est au cœur de cet ouvrage. Chacune des six nouvelles a une femme pour héroïne, même si la dernière, La fiancée du Dragon, est racontée par un homme.

Rêves captifs : Cette histoire de séquestration démarre en beauté un recueil perturbant. La victime nous raconte son évasion et son calvaire dans ce noir placard... L'auteure nous accroche tout de suite et le récit se déroule sans aucun voyeurisme. Le lecteur a vraiment l'impression de vivre ce cauchemar avec la narratrice. Estomaquant. Clairement ma nouvelle favorite, qui continue de bien me faire cogiter !

Il m'est arrivé quelque chose d'affreux quand j'étais petite.

L'heure en plus :  Histoire de femme et d'écrivaine, la narratrice nous explique comment, après avoir souhaité avoir une heure de plus par jour pour écrire, elle a vu apparaître dans le mur de son escalier une mystérieuse porte, menant vers le bureau de ses rêves... Cela ne se finira pas du tout comme elle le souhaitait, mais il est difficile d'en dire plus sans révéler l'intrigue ! Une réflexion sur la vie de femme et de mère.

Une heure, c'est tout ce que je demande.

Le remède : Nous sommes à la limite de la SF dans cette nouvelle nous contant l'histoire d'amour entre deux femmes dont l'une a perdu peu à peu l'usage du langage, à l'instar d'une bonne partie de la population, à cause d'un vaccin. Cela m'a fait penser à une parabole sur le vieillissement du couple. La fin laisse augurer des choses terribles pour l'humanité...

C'est dans cette pièce, jour après jour, que je transforme ma vie en langage.

Ma pathologie : Voici un récit qui pour moi parle des relations malsaines qu'il peut exister entre un homme et une femme. La narratrice rencontre Daniel, dont elle tombe amoureuse. Celui-ci a un hobby étonnant : il pratique l'alchimie. Un jour, elle tombe enceinte, mais tout ne se passe pas normalement... Elle commence à voir une bulle bizarre à l'extérieur de leur maison. C'est un récit qui m'a perturbée, à cause de l'image tordue de l'enfantement qu'il décrit. Il m'a fait froid dans le dos.

L'amour est un besoin fondamental chez l'être humain.
Est-il logique d'en parler comme d'une maladie ?

"Mezzo-tinto" : C'est sûrement la nouvelle qui m'a le moins convaincue. Elle est courte et raconte la découverte par la narratrice d'un mezzo-tinto, une gravure, sur le mur de la maison qu'elle partage avec son petit-ami. Elle est certaine de ne l'avoir jamais vue, lui maintient qu'elle a toujours été là... C'est un hommage de Lisa Tuttle à une nouvelle de M. R. James qui l'a marquée.

La façade du pavillon évoquait un visage grossièrement dessiné.

La fiancée du Dragon : Le narrateur est masculin, mais le personnage central est définitivement féminin. C'est la femme qu'il aime. On est ici dans le récit d'horreur conjugué au sexe. Une histoire inquiétante car la jeune femme a une perte de mémoire sur deux mois de sa jeunesse, qui semblent pourtant décisifs dans sa vie. Elle sait que quelque chose de terrible s'est passé, et neuf ans après, cela la rattrape. L'auteure nous tient parfaitement en haleine dans cette longue nouvelle.

Il y a deux mois de mon enfance dont j'ai tout oublié ; les deux mois les plus importants de ma vie.

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Le recueil se termine par un entretien des plus instructifs entre Mélanie Fazi (qui a fourni un travail admirable, il faut le souligner !) et Lisa Tuttle. Il a éclairé et confirmé certaines de mes impressions !

La femme bien sûr est au centre des préoccupations de Lisa Tuttle, notamment la grossesse et l'enfantement :

Quelque chose de vivant grandit en vous !
Qui fait partie de vous sans faire partie de vous... et qui peut vous tuer.

De même, j'ai ressenti que la maison, le foyer, où l'on est supposé se sentir en sécurité, sont pour les personnages le théâtre des pires angoisses et abus. J'ai été très contente de voir que Mélanie Fazi s'était fait la même réflexion et avait posé la question :

- T'intéresses-tu particulièrement aux maisons dans la fiction ? Dans tes textes, elles reflètent souvent la personnalité de leurs occupants, ou laissent deviner au lecteur qu'il se passe quelque chose d'anormal.
- En effet ! On dit souvent que rêver d'une maison revient à rêver du soi, et que les différentes pièces représentent les différentes parties de la personnalité (ou de la vie). Pour moi c'est également vrai en fiction.

Pour en terminer avec cette interview, je citerai cette superbe phrase de Lisa Tuttle, qui l'a faite entrer définitivement dans les auteurs que je souhaite suivre :

Lorsqu'ils sont bien écrits, je trouve en règle générale qu'un bon roman de science-fiction, de fantasy, de fantastique ou un bon roman policier sont bien plus agréables à lire que la plupart des romans de littérature blanche qui visent la respectabilité littéraire.

Et bien voilà, je vous avais dit que j'avais plein de choses à dire ! Je vais finir en vous parlant un peu de l'association Dystopia dont "l'objectif premier est l'organisation d'évènements liés aux littératures de l'imaginaire, policières et "mainstream". Elle travaille notamment, en collaboration avec les libraires et les éditeurs, à rassembler les fonds et à organiser la venue d'auteurs étrangers sans pour autant devoir lier l'événement à la publication d'un ouvrage de l'auteur."

Fondée en mai 2009 par Tallis (Librairie Charybde, président), Clément Bourgoin (Librairie Ys, secrétaire) et Xavier Vernet (Librairie Scylla, trésorier), elle a publié cinq ouvrages, dont un est actuellement en précommande.

Pour 15 euros, ce recueil de Lisa Tuttle vous ravira, alors surtout n'hésitez pas ! 


Ma chronique de la nouvelle gratuite Le vieux M. Boudreaux.

A noter : les Dystopiales 3 auront lieu du 22 au 24 juin 2012


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