Au siège des Nations unies, l'inquiétude est palpable. Tout contact a
été rompu avec certaines régions reculées du globe. Les médecins de
l'OMS s'inquiètent: l'apparition d'une étrange épidémie au mode de
propagation encore inconnu pourrait-elle en être la cause? Alexandre
Grant, pdg de la compagnie d'exploitation forestière Amazonian Wood, n'a
pas d'autre choix que de se rendre d'urgence en Amazonie pour rassurer
ses ouvriers. Quelque chose, dans l'immense forêt tropicale, a
indéniablement changé... De son côté, Anne Cendras, célèbre biologiste
française, en est de plus en plus convaincue: la nature est affectée par
un phénomène anormal, sans aucun rapport avec le réchauffement
climatique en cours. Une brusque évolution des comportements atteint la
totalité du monde animal. Plus inquiétantes sont les observations menées
sur différentes espèces végétales de la planète: mutations impossibles,
développements aberrants, les biologistes se posent de plus en plus de
questions... sans toutefois trouver l'ombre d'une réponse. Une chose est
sûre: un phénomène totalement nouveau et inconnu est en marche... et
les écosystèmes du monde entier sont affectés.
Mon avis :
- Il arrive à la nature de faire des erreurs vous savez.
- Vraiment, sous-entendriez-vous que l'espèce humaine en est une ?
Gaïa est un roman auto-publié par Yannick Monget en 2006, gros succès en librairie, ce qui a certainement amené Bragelonne, qui le réédite cette année, à s'y intéresser.
Pour ma part, je viens de lire la première version, celle de 2006. Et on ne peut pas dire que j'ai été convaincue...
Évacuons les évidences tout de suite : ça manque du retravail d'un éditeur, problème qu'on imagine corrigé dans la nouvelle version, mais j'attendrais les chroniques de blogueurs à ce sujet.
Grant, PDG d'une entreprise de biotechnologie, qui manipule donc des OGM, doit faire face à des problèmes dans son village ouvrier de déforestation en Amazonie, et est obligé de s'y rendre personnellement. En effet, des coupures de courant intempestives empêchent la bonne marche des travaux. Sur place il rencontre Anne Cendras, biologiste écolo, très remontée contre lui. Pendant ce temps, des éruptions solaires violentes interrompent les communications et des satellites tombent du ciel. Dans un vol pour Paris, Grant apprend qu'une étrange maladie décime aussi la population de divers pays, notamment de ce coin de l'Amazonie dont il revient. A son arrivée, il est donc confiné dans un bunker militaire pour tenter de découvrir s'il est contaminé...
Franchement, l'histoire est sympa, bien que classique, mais plutôt digne d'un scénario de film catastrophe à la Emmerich (réalisateur du superbe 2012, je le rappelle...). L'auteur n'a pas vraiment de style, c'est assez plat. C'est un peu comme si Marc Lévy avait écrit un post-apo... Ce qui fait qu'il est tout à fait normal (enfin... Disons, pas inattendu) que le grand public ait aimé ce roman. Le côté "scénario" est aussi accentué par le découpage, non pas des chapitres, mais en paragraphes qui parfois ne font que 5/6 lignes, entre lesquels on saute une ligne. J'ai eu l'impression de changement de point de vue un peu bizarre.
Le prologue, lui, est assez bon, on se croit en pleine jungle, et on hallucine un peu sur ce que voient et vivent les personnages.
J'ai trouvé des incohérences dans les dialogues. J'ai dû en relire certains plusieurs fois pour réussir à comprendre ce que l'auteur voulait maladroitement dire.
- J'espère que les ascenseurs fonctionnent toujours, murmura-t-il. Je vous l'ai dit, mourir enterré est l'un de mes pires cauchemars.
- Vous devriez vous y habituer, conseilla Anne qui, bien qu'allongée, avait déjà repris connaissance depuis quelques instants. Faites-vous à l'idée que vous y serez forcément amené un jour ou l'autre, que cela vous plaise ou non.
(Ah bon, il va forcément mourir enterré ? Etre enterré oui, mourir oui, mais l'un résultant de l'autre, euh non y a pas d'obligation madame)
Les personnages sont souvent caricaturaux. Nous avons l'homme d'affaire égoïste, la femme écolo et maternelle... Les militaires échappent à cet écueil, très certainement parce que c'est toujours sur eux qu'on tape d'habitude, et ça, ça fait assez plaisir. C'est là que l'on ressent bien que Yannick Monget a écrit ce roman dans un but précis : donner son avis sur ce que fait l'homme à la nature. Le combat est revendiqué, et pas très subtil. En effet, le pauvre Grant s'en prend plein la tronche, et ce régulièrement, par les scientifiques, comme s'il avait détruit toute la planète à lui tout seul.
Dans une vidéo, l'auteur se défend d'avoir voulu être moralisateur, mais je dois dire que même s'il ne l'a pas voulu, c'est leçon sur leçon que se prend le lecteur. Cela nous permet tout de même d'apprécier les connaissances scientifiques de Monget.
J'ai cependant persévéré dans ma lecture, et à partir de la seconde moitié du livre, enfin, j'ai été prise dans l'histoire. Les personnages commencent à y échafauder des théories plus ou moins fumeuses, assez intéressantes, et un affrontement félins/humains m'a particulièrement plu.
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| Vanne pourrie n°39 de Stivo ! |
La fin, comme je m'y attendais, est une belle pirouette. Après y
avoir réfléchi, je n'ai pas encore saisi sa cohérence, mais bon. Est-ce la même fin dans la version Bragelonne ?
Quoiqu'il en soit, l'éditeur et l'auteur assurent qu'il y a eu un énorme retravail de l’œuvre pour cette nouvelle publication, et j'ai tendance à les croire, parce qu'il y en avait besoin. Voici d'ailleurs une photo du boulot qui a été fait sur le manuscrit original par Yannick Monget.
En bref, voici un roman catastrophe décevant, malgré quelques bonnes idées. Il ne me laissera pas de souvenir indélébile, et si vous avez vraiment envie de le découvrir, préférez la version Bragelonne, retravaillée et peut-être meilleure.



