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mardi 6 décembre 2016

Gotland de Nicolas Fructus et Thomas Day

Gotland de Nicolas Fructus (et Thomas Day pour un des trois textes) est la première publication de la nouvelle collection du Bélial' : Wotan, une collection "dédiée aux illustrés, BD, livres-mondes et projets éditoriaux non-euclidiens". 

Gotland est un beau livre proposant trois nouvelles autour de l'univers de Lovecraft (donc, une de Day, et deux de Fructus), toutes illustrées par Nicolas Fructus de façons différentes. Un superbe objet, parfait pour un cadeau de Noël à un adepte de l'indicible.

Il y a les terres de Gotland qui, par-delà les brumes d'un Haut Moyen Âge païen, recèlent un secret sans âge. Il y a la faille Maréchal, dans l'exultation d'un XIXe siècle conquérant, l'étrange Mémoire des mondes troubles et les portes qui s'y trouvent. Il y a enfin Forbach et son manoir Wallenberg, à l'orée du XXIe siècle, le mystère d'un homme, son passé, et ce qui se tapit dans la propriété familiale. Il y a le secret, le mystère, l'abîme, la révélation et ses terreurs. Trois lieux. Trois époques. Trois récits.

Comme dit dans le résumé éditeur, trois lieux et trois époques pour ces textes inspirés directement de Lovecraft. Chaque nouvelle est illustrée par Nicolas Fructus et c'est beau (enfin si on aime les tentacules forcément !)

dimanche 24 février 2013

Contrepoint dirigé par Laurent Gidon

Le pitch :
Peut-on écrire des histoires dans lesquelles il n’y aurait ni guerre, ni conflit, ni violence ?
Un vrai défi qu’ont relevé avec talent, sensibilité et humour neuf des plus belles plumes de l’imaginaire en France sous la direction de Laurent Gidon.

Mon avis :
Offerte pour l'achat de deux livres papier ou numériques ActuSF, Contrepoint est une anthologie originale qui prend donc le contre-pied de ce qui s'écrit généralement aujourd'hui. Cet ouvrage, dirigé par Laurent Gidon, nous présente neuf textes qui seraient sans violence ni conflit.

Je dis bien qui seraient, car je n'y croyais pas vraiment en entendant parler de ce livre pour la première fois sur le RSF Blog. Dubitative j'étais. Comprendre vous allez.

samedi 31 mars 2012

Women in chains de Thomas Day

Le pitch :
Mexique : Juárez. La ville monstre dévore ses femmes. Leurs souffrances et leur sang nourrissent des cauchemars si anciens que la mémoire des hommes les a oblitérés.
Allemagne : Un eros-center. Cinq étages sans ascenseur, plaisir hâté pour luxure tarifée. La romance qui naîtrait dans ces murs ne pourrait que se poursuivre dans la folie et la violence.
Groenland : L’hiver est le dernier refuge de Cassandra. La désolation glacée pour couver l’oubli. L’oubli de soi et du pouvoir de trop en voir.
Afghanistan : Nous sommes les violeurs. Mercenaires et touristes. Toubib, Bobbie, Goran, le Juif et l'Australien... En mission, mystiques, égarés. Nous sommes les violeurs. Nous sommes les libérateurs.
France : Les poings qui vengent, les pistons qui rendent les coups. Tous les coups silencieux de la lâcheté des hommes. La revanche extraordinaire sur la violence ordinaire. 

Mon avis :
Voici un recueil de cinq nouvelles, sur un sujet difficile, de Thomas Day, publié aux Editions ActuSF.

On démarre par la dédicace qui fait mal :


On poursuit par une belle préface de Catherine Dufour.

Ma nouvelle préférée est Tu ne laisseras point vivre pour son côté rude et fantastique que j'ai vraiment aimé. Le personnage principal est Cassandra, une jeune femme qui se terre au fin fond du Groenland pour une raison connue d'elle-seule. Bien sûr son prénom vous évoquera une référence mythologique évidente, et vous donnera des indications sur le côté fantastique de l'histoire ! Les femmes peuvent être libres, mais pas trop quand même...

La ville féminicide, que j'avais déjà lu dans l'anthologie Utopiales 2010 est vraiment un texte violent, révoltant. L'auteur nous propose ici une explication aux meurtres et disparitions de femmes dans la ville de Juarez au Mexique. Plutôt flippant, nous voici face à deux personnages très noirs et un dénouement plutôt choquant. Vous allez rencontrer le mal à l'état pur dans cette histoire.

J'en terminerais avec Nous sommes les violeurs qui dénonce les exactions de mercenaires en temps de guerre, durant laquelle le viol est considéré comme une arme...  C'est gerbant cette idée, ce fait même.

La postface de l'auteur a été très intéressante pour comprendre sa démarche et ses inspirations.

Dans l'ensemble, les cinq nouvelles se complètent, elles sont dures, mais nous éclairent sur ce que les hommes (et parfois les femmes) réservent aux femmes dans ce monde, et pas qu'à l'étranger d'ailleurs. Un jour un ami m'a dit "mais vous les femmes en France, vous n'avez plus de combats à mener, tout va bien pour vous". Pour certaines, oui bien sûr, malgré quelques soucis quotidiens, pour d'autres, non désolée je ne peux pas adhérer à cette remarque. Se battre pour les femmes violentées, françaises, africaines, afghanes, anglaises, mexicaines (...), que l'on soit femme ou homme reste toujours d'actualité.

Ceci est un ouvrage sur les femmes à lire par tous, et peut-être même à plus forte raison les hommes. Je cite d'ailleurs à ce sujet Thomas Day sur le forum ActuSF "...mon recueil n'est pas un bouquin pour les femmes, enfin je crois pas, c'est juste un bouquin que j'avais besoin d'écrire. C'est ma seule justification."

Thomas Day frappe fort avec ce recueil perturbant, qui fait réfléchir et sur lequel beaucoup devraient se pencher.

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