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jeudi 8 avril 2021

❤ L'Hôtel de verre d'Emily St John Mandel

"Envolez-moi."

L'Hôtel de verre d'Emily St John Mandel aux éditions Rivages/Noir est un roman inclassable, sombre et formidable.

« Et si vous avaliez du verre brisé ? » Comment cet étrange graffiti est-il apparu sur l’immense paroi transparente de la réception de l’hôtel Caiette, havre de grand luxe perdu au nord de l’île de Vancouver ? Et pourquoi précisément le soir où on attend le propriétaire du lieu, le milliardaire américain Jonathan Alkaitis ? Ce message menaçant semble lui être destiné. Ce soir-là, une jeune femme prénommée Vincent officie au bar ; le milliardaire lui fait une proposition qui va bouleverser sa vie. D’autres gens, comme Leon Prevant, cadre d’une compagnie maritime, ont eux aussi écouté les paroles d’Alkaitis dans ce même hôtel. Ils n’auraient pas dû…

J'avoue avoir décidé de lire ce livre grâce au seul nom de l'autrice de Station Eleven. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et je n'ai pas été déçue ! 

dimanche 25 octobre 2020

★ Nous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson

"Près du ruisseau, je trouvai un nid de bébés serpents et je les tuai tous ; je déteste les serpents et Constance ne m'avait jamais demandé de les aimer. Je retournais vers la maison lorsque je découvris un très mauvais présage, l'un des pires. Dans la pinède, le livre que j'avais cloué à un tronc d'arbre était tombé."
 
Nous avons toujours vécu au château est un roman fort étrange de Shirley Jackson, qui penche du côté du thriller psychologique à tendance (néo) gothique. Écrit en 1962, il exprime tout le talent de l'autrice à mettre ses lecteurices mal à l'aise et à les faire douter. Il est édité en poche chez Rivages/Noir et bénéficie d'une nouvelle traduction. J'avais repéré ce livre suite à une chronique de Gromovar.

Mary Katherine Blackwood, sa soeur Constance et un vieil oncle malade vivent seuls dans un château isolé depuis la mort par empoisonnement à l'arsenic de cinq membres de leur famille.

J'essaie encore de digérer ce texte hors norme de l'immense Shirley Jackson, une grande dame de la littérature qui a notamment inspiré Stephen King. Malheureusement décédée d'une crise cardiaque en 1965 à l'âge de 48 ans, elle nous laisse des textes peu nombreux mais marquants !

vendredi 12 avril 2019

♥ La Loterie et autres contes noirs de Shirley Jackson

"Le plus anxiogène chez Jackson n'est pas le cri mais le chuchotement perfide, non pas les coups mais la caresse hypocrite. Un échange banal entre voisins dissimule toute la tension d'une lutte à couteaux tirés."

La Loterie et autres contes noirs est un recueil de nouvelles de l'autrice américaine Shirley Jackson, publié chez Rivages/Noir. Une grande dame de la littérature qui a notamment inspiré Stephen King. Malheureusement décédée d'une crise cardiaque en 1965 à l'âge de 48 ans, elle nous laisse des textes peu nombreux mais marquants.

Sa spécialité est l'histoire inquiétante, parfois à la limite de la réalité. Elle joue avec l'ordinaire, y faisant surgir le doute, le vice, la paranoïa. Son décor est une Amérique très à cheval sur les convenances, les apparences, les traditions.

La Loterie et autres contes noirs est une traduction partielle du recueil Dark Tales paru en 2016. Il est à noter que seuls deux textes ne sont pas des inédits en français : le célèbre La Loterie, première nouvelle du recueil, et Les Vacanciers, le tout dernier récit du livre. Ils ont été retraduits pour l'occasion !

lundi 2 juillet 2012

Cornes de Joe Hill

Le pitch :
Au début, Ig croit que les cornes sont une hallucination, celle d’un esprit malade, rongé par la colère et le chagrin. Cela fait un an que Merrin Williams, sa bien-aimée, a été violée et tuée dans des circonstances inexplicables. Depuis, reclus dans sa solitude, il vit un enfer, et il a plus de raisons qu’il n’en faut pour sombrer dans la dépression. Pourtant les cornes sont on ne peut plus réelles.

Mon avis :
A l'occasion d'une intervention sur la littérature fantastique de Simon, libraire et éditeur chez Critic (Rennes) sur mon lieu de travail, celui-ci m'a vivement conseillé de lire le dernier roman d'un auteur qui monte : Joe Hill.

Et donc, voici Cornes, édité fin 2011 chez Lattès. C'est un roman noir mâtiné de fantastique.

Ignatius, dit Ig, a perdu sa petite amie Merrin. Elle a été violée et tuée dans des circonstances qui restent, un an plus tard, non élucidées. Ig est bien sûr le suspect n°1 et toutes les preuves qui auraient pu le disculper ont été détruites. A la date anniversaire de la mort de Merrin, Ig se prend une cuite monumentale, et se réveille sans aucun souvenir de sa nuit. Mais avec des cornes sur la tête.

Mais alors qu'il tanguait au-dessus des toilettes, il jeta un coup d’œil au miroir du lavabo
et vit qu'une paire de cornes lui était poussée durant son sommeil.
La surprise fut telle qu'il vacilla et, pour la deuxième fois en douze heures, se pissa sur les pieds.

Dès lors, toutes les personnes qu'il va croiser n'auront de cesse de lui raconter leurs péchés et autres secrets inavouables. Ne serait-ce pas enfin le moyen de retrouver l'assassin de Merrin ?

Ce roman est diabolique ! L'auteur nous fait partager le désespoir et la déchéance d'Ig, ce jeune homme de bonne famille, auparavant sage et croyant, sur qui le malheur s'est abattu et qui possède maintenant toutes les caractéristiques d'un démon.

Je dois dire que les scènes de "confessions" sont particulièrement dérangeantes pour Ig, mais surtout jouissives pour le lecteur. Je pense notamment aux aveux des membres de sa famille. Imaginez que vous sachiez exactement ce que vos proches pensent de vous, sans aucune inhibition ? (Ou l'inverse...) Pas marrant hein !

C'est ton tour, déclara Ig. Déballe-moi ce truc abominable que tu gardais pour toi.
ça me concerne sûrement. Vas-y, qu'on en finisse.

Joe Hill a un style fluide, et nous offre tout au long de l'histoire des flashbacks qui permettent de progressivement reconstituer le puzzle. Les détails ne sont jamais anodins et l'humour - noir évidemment - est bien présent.

Alors, où se situe la frontière entre le bien et le mal ? Les choses sont-elles toujours toutes noires ou toutes blanches ? L'auteur nous plonge dans ces nuances de gris qui caractérisent l'humain.

Des références musicales et littéraires ponctuent  la lecture, comme une certaine scène, plutôt horrible, dans un champ de maïs... J'y ai vu, pour ma part une référence à Stephen King. En effet, pour ceux qui l'ignorent, Joe Hill est le digne fils de son père.

Comme le dit Simon sur le Blog-notes de Critic : "Ah, oui, Joe Hill est le fiston de Stephen King. Mais, vous savez quoi, on s’en fout. Dans quelques années, Stephen King sera le père de Joe Hill." Il y a encore du chemin à parcourir pour en arriver là, mais c'est tout le mal que je lui souhaite, car ce roman est réellement une noire mais belle surprise. 

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