Tout a commencé quand deux collègues m'ont montré cette BD : Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro aux éditions 6 pieds sous terre. "-Tu l'as lu ? -Non ! C'est bien ?" Et là elles se mettent à se marrer comme des bossues en me parlant de menace au poireau, de discussion déplacée à propos d'une bouteille de Perrier, de chien empaillé... Puis plus sérieuses, elles me racontent le pitch : un auteur de BD se rend compte à la caisse d'un supermarché qu'il a oublié sa carte de fidélité. Pas de chance pour lui, c'est un crime dans ce monde ! C'est le début d'une cavale pour celui qui vient de devenir l'ennemi public n°1, alors qu'il n'avait déjà pas de chance puisqu'il est auteur de BD. Welcome to la dystopie absurde de l'année, un bijou !
Un auteur de bande dessinée, alors qu'il fait ses courses, réalise qu'il n'a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l'auteur le menace et parvient à s'enfuir. La police est alertée, s'engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite les médias s'emparent de l'affaire et le pays est en émoi. L'histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d'engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l'auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l'ensemble de la société.
Laissez tout tomber, voici la BD qu'il faut lire ! Vous aimez rire, vous avez un grand sens du second voire du trente-sixième degré ? Ce livre est pour vous. Court, rythmé, bourré d'humour, c'est juste un enchantement ! La plume de Fabcaro est acérée, croyez-moi.
