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jeudi 30 avril 2020

L'Invasion des profanateurs de Jack Finney

"J'ai l'impression que mon père n'est plus mon père !"

L'Invasion des profanateurs est un roman de SF de Jack Finney. Paru en français d'abord chez Clancier Guénaud dans les années 70, puis chez Denoël en collection Présence du futur dans les années 90, il a été réédité chez Folio SF. Il est malheureusement épuisé chez l'éditeur, donc trouvable en occasion uniquement. Il a été écrit en 1955.

L'Invasion des profanateurs a été adapté plusieurs fois au cinéma, je n'ai vu aucun des films, c'est donc tout à fait vierge d'a priori que j'ai entamé cette lecture !

La traduction du titre n'est pas folichonne, littéralement Body Snatchers donnerait plutôt les voleurs de corps. La pire étant celle du film de Don Siegel, qui parle de profanateurs de sépultures, personne ne fait ça, ni dans le roman, ni me semble-t-il dans le film !

Ces cosses venaient d'ailleurs. Elles voulaient des corps humains. Et un jour, elles se mirent à les prendre... Un classique de la science-fiction qui met en scène une lutte haletant d'un homme contre des visiteurs pour le moins inattendus : ses voisins, ses amis, ses parents. 

dimanche 9 novembre 2014

Je chante le corps électrique de Ray Bradbury

Je chante le corps électrique est un recueil de Ray Bradbury publié en Présence du futur chez Denoël (plusieurs publications entre 1970 et 1986), que j'ai chroniqué pour le n°72 de Bifrost consacré à l'auteur. Un an après, je peux rapatrier cette chronique sur le blog !

Titre tiré d’un vers de Walt Whitman, Je chante le corps électrique est un recueil hétéroclite, tant au niveau des genres qu’il propose que dans ses thèmes. Et pour cause, puisqu’il est constitué de nouvelles écrites entre 1948 et 1969, pour certaines inédites, ou publiées dans des revues aussi diverses que Playboy, Famous Fantastic Mysteries, Super Science Stories ou encore Life.

L’auteur a affirmé qu’il n’écrivait pas de science-fiction (à part son roman dystopique Fahrenheit 451). Ce recueil est pourtant la preuve qu’il a consacré un bon nombre de textes courts au genre. Les deux exemples les plus flagrants sont les nouvelles « Je chante le corps électrique » et « L’Enfant de demain ». Dans cette dernière, il imagine qu’un bébé est né dans une autre dimension à cause d’une machine à accoucher défectueuse (méfiance récurrente dans ses écrits à propos de la technologie) et est perceptible dans la nôtre uniquement sous la forme d’une pyramide bleue. A travers la nouvelle « Je chante le corps électrique », Bradbury délivre d’ailleurs un message central dans son œuvre, et pour une fois d’une manière presque positive : le progrès technologique ne peut être bénéfique à l’humanité que s’il est bien employé. C’est le cas dans cette histoire de perte irréparable : une mère décède, laissant derrière elle son mari et ses trois enfants. Ils décident d’acquérir une grand-mère électronique qui adoucira leur vie. Ce texte a fait l’objet d’une adaptation dans la série La Quatrième Dimension.

lundi 27 février 2012

Le crépuscule de Briareus de Richard Cowper


Le pitch :
En 1983, l'apparition d'une supernova provoque sur la terre tornades et typhons qui font cinquante millions de victimes et rendent stériles les survivants. Cependant, certains de ces derniers, qu'on appelle « zétas » (d'après le nom d'une onde nouvelle apparue sur les électroencéphalogrammes) ont acquis d'étranges pouvoirs psychiques. On les craint, on se méfie d'eux, on les traque, mais c'est grâce au sacrifice de l'un d'eux que notre planète redeviendra féconde.
  
Mon avis :
Enfin un bon petit post-apo !!! ça faisait bien trop longtemps, j'étais en hypo post-apo...

Voici un roman anglais des années 70, publié chez Denoël dans la collection Présence du Futur (ce qui explique la couverture hideuse), écrit par Richard Cowper. L'étoile Briareus Delta explose et produit des radiations qui rendent stérile l'humanité, induisent des changements climatiques extrêmes, et créent une nouvelle onde "zéta" dans le cerveau d'une personne sur un million.

Nous suivons année par année l'évolution de la situation, les tests sur les Zétas, la dégradation du climat et des conditions de vie...

C'est ainsi que finit le monde
Non pas avec un Bang ! Mais avec un soupir.
T.S. Elliott

Parallèlement, les zétas expérimentent des "voyages", sortes de visions, du présent, du futur, qu'ils partagent. Ce roman a un côté très spirituel, de réflexion sur la vie et son sens.

La religion, c'est parier sa vie qu'il y a un Dieu. Je n'aime pas les paris.

Je lui reprocherais juste une traduction évidemment datée et retiendrait la jolie expression "il me souvient...". Ce n'est pas un roman post-apocalyptique dans l'action, mais dans la réflexion et la poésie que je vous conseille vivement ! 
 
A SAVOIR - 2021 : Le Crépuscule de Briareus est réédité par Argyll Éditions dans une traduction révisée !
 


CITRIQ

samedi 5 novembre 2011

♥♥ 188 contes à régler de Jacques Sternberg

Le pitch :
Les extraterrestres ? Trop différents de nous pour qu’une quelconque communication soit possible, ou trop semblables à nous pour exciter notre curiosité.
Les planètes étrangères ? Piégées.
Les objets ? Suspects.
Le temps ? L’espace ? Sujets à d’étranges sautes d’humeur.
Les humains ? Pollueurs, prétentieux, belliqueux, avides de profits et de records, vulgaires, rongés par l’ennui, mortels dans tous les sens du terme.
Et Dieu dans tout ça ? Tranquillement sadique.
En 188 contes-gouttes, Jacques Sternberg décline ses haines et ses dégoûts sur le seul monde qui trouve grâce à ses yeux : l’absurde, l’humour noir, le sarcasme glacé.

Mon avis :

"Une bibliothèque, c'est un des plus beaux paysages du monde"
 
Juste pour le plaisir de vous faire partager un de mes livres préférés, voici un recueil de nouvelles de Jacques Sternberg. Son mot d'ordre : un humour glaçant !

Découvert pendant mon adolescence, grâce à mon papa qui m'a fait baigner dans la SF depuis toute petite, ce Présence du Futur (maintenant disponible chez Gallimard en Folio) est un bijou ! Percutant, le style de Sternberg ne laisse pas indifférent et touche à l'essentiel sans fioriture. Les nouvelles sont la plupart du temps ultra-courtes. La plus brève fait une phrase, la plus longue quelques pages.

Je vous livre ma nouvelle préférée, d'une ironie incontestable, et franchement ça m'éclate :

La poussière
Dieu était arrivé à bout de ses peines quand il pensa à celles qu'il réservait à l'homme récemment créé et il fut assez satisfait de les résumer en affirmant : « né de la poussière, tu seras destiné à redevenir poussière. » Et pour peaufiner le sadisme de sa trouvaille, il donna à l'homme la conscience de n'être que poussière et l'intelligence d'inventer un jour l'aspirateur.

Jacques Sternberg a vécu la seconde Guerre Mondiale, durant laquelle son père a été déporté et tué. Son écriture grinçante nous fait ressentir son traumatisme, les thèmes des horreurs de la guerre et de la perte de la foi étant récurrents dans ses histoires, à l'image de ce pape qui ayant finalement la possibilité de voyager dans le temps, choisit d'aller réconforter les déportés avant qu'ils n'entrent dans les chambres à gaz...

Il critique ouvertement la société de consommation et prévoit même la crise dans plusieurs de ses textes, au nombre desquels on peut citer Les finances :

"...Mais la bagnole, cette gnôle de l'homme moyen, ne trouvait plus d'acheteurs. L'argent était devenu trop difficile à gagner pour le mettre dans du superflu et ceux qui possédaient une vieille voiture n'avaient plus de quoi mettre du carburant dans leur moteur..."

Cela vous rappelle quelque chose ?

Sternberg aime aussi parler des femmes, humaines ou pas, de leur sexualité, de leur absence... Oui, il y a du cul dans 188 contes à régler. Et des planètes lointaines !

Les deux éditions du livre sont illustrées par Roland Topor, qui a su capter le désespoir et la noirceur dans les textes de l'auteur, et nous les retranscrire en image de façon brutale.


Le petit précis d'histoire du futur qui termine le recueil est un régal à lire, et clos parfaitement ce bouquin indispensable dont je relis régulièrement quelques pages !



Baroona l'a lu !

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