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vendredi 1 juillet 2016

Bilan coups de coeur et titres remarquables : janvier-juin 2016

C'est l'heure d'un petit bilan coups de cœur et autres titres remarquables !

Pour les coups de cœur, c'est simple, ce sont ces livres qui ont su me faire vibrer et me procurer beaucoup d’émotions. Ils se classent dans les tags 5/5 et 42 (ceux à sauver en cas de fin du monde !) Pas de coup de cœur depuis mars cependant...

lundi 18 janvier 2016

♥♥ Le Temps n'est rien d'Audrey Niffenegger

Le Temps n'est rien d'Audrey Niffenegger est un roman de SF et d'amour autour du voyage dans le temps que je n'aurais certainement pas lu sans le coup de cœur d'Acr0. Je suis bien contente d'avoir suivi son conseil car j'ai dévoré ce récit qui sort du lot par le traitement atypique de l'histoire d'amour.

"Je l'aime. II représente tout pour moi. Je l'ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J'ai du mal à m'expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange... [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps. " Nous avons tous déjà eu cette impression d'avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l'avoir connue dans une autre vie... Et si c'était dans un autre temps ? Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l'incroyable : ils se connaissent depuis des décennies, même s'il ne s'en souvient pas. Car Henry est atteint d'une maladie qui le propulse dans le temps. II a rencontré Claire alors qu'elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives...
L'histoire folle et romanesque d'un amour absolu et éternel.


Le Temps n'est rien d'Audrey Niffenegger est un roman paru en 2003 aux Etats-Unis et en 2005 en France. Il a été adapté au cinéma en 2009 sous le titre Hors du temps. Et moi, jusqu'en 2016, je suis passée à côté de cet excellent récit !

dimanche 10 janvier 2016

♥♥ My real children - Mes Vrais enfants de Jo Walton

My real children est un roman uchronique de Jo Walton. Il n'est pas encore traduit en français mais Gromovar et Cédric m'ont tellement vanté ses qualités que j'ai succombé à l'appel de la VO. Grand bien m'en a pris, cela m'a permis de passer un excellent moment de lecture pendant les fêtes ! Morwenna était agréable, Le Cercle de Farthing s'est révélé bien meilleur, et voici l'apothéose, le sommet du travail de l'auteure : My real children !

MàJ : Mes Vrais enfants est sorti en français chez Denoël Lunes d'encre en janvier 2017 ! Jetez-vous dessus !!

2015 : Patricia, anglaise de plus de 90 ans, vit dans une maison médicalisée. Elle est sénile et sa mémoire à court terme est fichue depuis de nombreuses années. Elle semble avoir des hallucinations : parfois les rideaux de sa chambre sont bleus, d'autres fois ils sont verts. Elle est sûre de posséder des jumelles pour observer les oiseaux, mais une fois sur deux ses enfants lui disent que ce n'est pas le cas. D'ailleurs, une fois sur deux, ses enfants ne sont pas les mêmes... Et puis elle se rappelle avoir vécu deux vies différentes...

Patricia se rappelle parfaitement son enfance avec son père, sa mère et son frère, sa vie exilée de Londres pendant la guerre, et ses études. Elle se rappelle clairement d'un coup de téléphone de Mark, qui la demande en mariage et lui enjoint de répondre maintenant ou jamais... Elle se rappelle avoir répondu "maintenant". Elle se rappelle avoir répondu "jamais". A partir de là, elle va vivre deux vies différentes. Aujourd'hui, proche de la fin, elle se demande : laquelle a-t-elle vraiment vécu ? Qui sont ses vrais enfants ?

mardi 6 octobre 2015

♥♥ L’Été de l'infini de Christopher Priest

L’Été de l'infini est un recueil de Christopher Priest paru chez Le Bélial, dans la collection Kvasar. Cette collection a pour particularité de proposer du contenu supplémentaire, permettant au lecteur d'avoir entre les mains une œuvre très complète. Ces douze nouvelles de Priest s’accompagnent donc d'une préface de Xavier Mauméjean, de deux entretiens avec l'auteur réalisés par Thomas Day en 2005 et 2015, du passionnant essai Magie, l'histoire d'un film sur l'aventure de l'adaptation du Prestige et d'une bibliographie. J'en ai pris plein les mirettes, quel bonheur !

Héritier littéraire, à l’image de son compatriote J. G. Ballard, de la new wave britannique qui révolutionna les littératures de genre au tournant des années 70, on doit à Christopher Priest de nombreux incontournables — Le Monde inverti, La Fontaine pétrifiante, Le Glamour, ou encore L’Adjacent. Son roman Le Prestige, publié en 1995, lauréat du World Fantasy Award, a été porté à l’écran en 2006 par Christopher Nolan. L’Été de l’infini réunit les meilleures nouvelles de Christopher Priest publiées sur cinquante années de carrière, soit douze textes, dont quatre inédits. Un long entretien, le témoignage de l’aventure que fut l’adaptation du Prestige au cinéma, ainsi qu’une bibliographie exhaustive, complètent l'ensemble.

jeudi 3 avril 2014

♥♥ World War Z dans l'Intégrale Z de Max Brooks

L'intégrale Z de Max Brooks, publiée chez Orbit, contient l'excellent World War Z, ainsi que le Guide de survie en territoire zombie et quatre nouvelles inédites dans l'univers de WWZ. 800 pages de bonheur.

Vous l'aurez compris, j'ai déjà lu WWZ, je me fais donc une relecture de cet indispensable, avant d'enchainer sur les textes inédits qui me font de l’œil depuis quelque temps !

La guerre des zombies a eu lieu, manquant d’éradiquer l’humanité. Le narrateur, en mission pour l’ONU, a parcouru le monde pour rencontrer, dans des cités en ruine et dans les territoires les plus inhospitaliers de la planète, les survivants de ces années apocalyptiques.

Pour moi Brooks a relancé la mode zombie, tout simplement. Et oui, avant de le lire, je ne pouvais pas me les voir en peinture !

vendredi 28 février 2014

♥♥ Intégrale Alone de Thomas Geha



L'intégrale Alone de Thomas Geha, publiée chez les Éditions Critic, contient les romans A comme alone et Alone contre alone, ainsi que deux nouvelles intitulées L’Ère du Tambalacoque et l'inédite Le Silence est d'or.

Dans une France post-apocalyptique, les alones sont les hommes et les femmes qui survivent seuls plutôt que de s'allier aux Rasses (les rassemblés) qui bien souvent vivent sous le joug d'un tyran, religieux (Fanars) ou militaire (Fanams). Pépé est un alone. Il a été recueilli enfant par Grise, une alone elle aussi, qui l'a élevé et formé. Mais Grise est morte, Pépé est devenu adulte et survit seul. A l'occasion d'un passage en Bretagne, il fait la connaissance de Gaby, qui se dirige vers Rennes...

dimanche 5 janvier 2014

♥♥ All clear de Connie Willis (Blitz tome 2)

Plutôt charmée par ma lecture de Black-out, le premier tome de ce diptyque intitulé Blitz de Connie Willis publié chez Bragelonne, j'ai enchainé sur All clear, pour continuer mes aventures dans cette Angleterre bombardée pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Souvenez-vous, si vous avez lu ma chronique du tome 1, il se finissait assez abruptement, ce qui avait quelque peu gâché le plaisir de fin de lecture, heureusement sauvé par le fait que le second tome était déjà à ma disposition dans ma liseuse !

Ce que je peux d'abord dire, c'est que c'est un véritable coup de cœur pour All clear ! Quel plaisir j'ai pris à lire ce roman pendant les fêtes de fin d'année. C'est si rare de trouver LE roman qui tombe au bon moment, qui se révèle exactement ce qu'on avait envie de lire, et ce sans le savoir !

jeudi 5 juillet 2012

♥♥ La Tour Sombre tome 1 : Le Pistolero de Stephen King


Le pitch :
Le Pistolero est le dernier justicier et aventurier d'un monde qui a changé et dont il cherche à inverser la destruction programmée. Pour ce faire, il doit arracher au sorcier vêtu de noir les secrets qui le mèneront vers la Tour Sombre, à la croisée de tous les temps et de tous les lieux. Surmontera-t-il les pièges diaboliques de cette créature? A-t-il conscience que son destin est inscrit dans trois cartes d'un jeu de tarot bien particulier ? Le Pistolero devra faire le pari de le découvrir, et d'affronter la folie et la mort. Car il sait depuis le commencement que les voies de la Tour Sombre sont impénétrables...

Mon avis :
Pour commencer, voilà la version augmentée que je lis, une intégrale contenant les romans réécrits, et agrémentée d'une introduction, d'un avant-propos, d'illustrations en couleur et d'une bibliographie de 69 pages (dont la seconde partie se trouve dans l'Intégrale n°2). Elle contient les 4 premiers romans de La Tour Sombre. Pfiou ! Quand on l'a sur les genoux, c'est un peu comme lire un dictionnaire. On est fan ou on ne l'est pas !


Le Pistolero est un roman écrit par Stephen King en 1970. Il intitule d'ailleurs son introduction On n'est pas sérieux quand on a 19 ans, dans laquelle il nous raconte ce qui l'a inspiré pour cette écriture (notamment Le Bon, la Brute et le Truand, ou encore Tolkien !), ce qui lui a donné envie, et pourquoi il a mis si longtemps à la "terminer". Car il a fini La Tour Sombre en 2003. Si on ne compte pas le tome supplémentaire dont il nous gratifie cette année !

Ce que je voulais, c'était franchir les défenses de mes lecteurs, je voulais les déchiqueter,
les changer à tout jamais, par la seule force de mon histoire.


Clint
Je confesse avoir fait partie des fans qui, en 1999, lors de l'accident très grave de Stephen King, qui s'est fait renverser par un chauffard ivre, se sont dit : Mais il ne peut pas mourir, pas sans avoir écrit la fin de La Tour Sombre ! Véridique. 

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Mélange jouissif de western, de magie et de post-apo, Le Pistolero m'a éclatée, encore une fois.

Attention, le début du récit est aride, comme le désert que Le Pistolero traverse, et comme son personnage lui-même. Il faut s'accrocher un peu dans la première partie, mais le lecteur est rapidement récompensé, par des réponses à certaines de ses questions, ou encore par des découvertes étonnantes.

L'homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait.
(Best incipit ever)

Le Pistolero poursuit l'homme en noir, on ne sait pas vraiment depuis quand, dans le but de lui soutirer des informations sur La Tour. Dans sa quête, il traverse des villes fantômes, commet un massacre, délire dans le désert et fait une belle rencontre en la petite personne de Jake, enfant rencontré sur son chemin au milieu de nulle part et qui va lui sauver la vie. Le récit de Jake est bien étrange et difficile à croire, mais le pistolero va s'attacher à cet enfant doux et blasé. Ensemble, ils vont continuer à traquer l'homme en noir.

Sur sa route, celui-ci sème désolation et mort, même quand il ramène l'un d'entre eux dans le monde des vivants. Sans âge, on ne sait ni d'où il vient, ni où il va. C'est un personnage récurrent de Stephen King, qui personnifie le mal à l'état pur.

Le mot est Dix-neuf.
Vous essaierez d'oublier mais tôt ou tard, ça sortira de votre bouche comme du vomi.
DIX-NEUF.


L'on découvre au fur et à mesure du récit le monde où vit le pistolero. Un monde qui a changé, comme répété souvent au cours de l'histoire. On y trouve des êtres mutants, des vestiges de technologie, de lieux semblant avoir été touché par une apocalypse et aussi beaucoup de misère. Les distances, les directions et le temps qui passe semblent eux-mêmes ne plus être ce qu'ils étaient.

Les Lents-Mutants
Tout au long du récit, l'auteur nous raconte aussi l'enfance du Pistolero, rude mais aussi pleine d'amitié, à Gilead dans le Monde Intérieur, maintenant disparu. Les souvenirs du Pistolero s'imbriquent parfaitement dans la trame de l'histoire.

La quête du Pistolero est celle de son Graal, la Tour Sombre. Il est déterminé, presque sans cœur quand il s'agit d'elle. Car le destin de la Tour sera celui du monde/des mondes. Il lui faut l'atteindre absolument.

Le meurtre existait, et toutes sortes de pratiques indicibles, et toutes au nom du bien,
cette saloperie de bien, cette saloperie de mythe, pour le Graal, pour la Tour.


Le Pistolero et la Tour Sombre

La plume de Stephen King est magique. Son style est génial, fluide, et il distille des indices qui donnent toujours envie au lecteur de pousser plus loin ses réflexions et surtout sa lecture. Les références à la mythologie et à la religion sont nombreuses, Roland étant d'ailleurs aussi inspiré de Le chevalier Roland s'en vint à la Tour Sombre, un poème de Browning.

La Tour Sombre est très certainement l’œuvre qui ressemble le moins à l'image que l'on peut avoir des romans de Stephen King habituellement. Généralement, on pense à des textes qui font peur, dans le domaine plutôt fantastique comme Carrie, Cujo, Christine... Si je devais rapprocher ces romans d'un autre de l'auteur, je vous parlerais plutôt du Talisman des Territoires, co-écrit avec Peter Straub, que je vous conseille méchamment !

En bref, si vous ne voulez pas lire du Stephen King, lisez la Tour Sombre
Et si vous voulez lire le meilleur de Stephen King, lisez la Tour Sombre :D

J'ai pu constater que mes co-lecteurs ont énormément apprécié leur lecture, que ce soit pour la première ou la trente-sixième fois ;-)

Pour ma part, je n'ai qu'une hâte, lire la suite qui s'intitule Les Trois Cartes, un tome différent du premier, dans lequel nous ferons de belles rencontres...

Que vos journées soient longues et vos nuits plaisantes. 

Chroniques des copains :





mercredi 4 janvier 2012

♥♥ Le passage de Justin Cronin


Le pitch :
Années 2010. Dans le Tennessee, Amy, une enfant abandonnée de six ans est recueillie dans un couvent... Dans la jungle bolivienne, l'armée américaine recherche les membres d'une expédition atteints d'un mystérieux virus... Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de contribuer à une expérience scientifique gouvernementale. Lui et les autres condamnés à la peine capitale participant au projet mutent et développent une force physique extraordinaire. Les deux agents du FBI sont alors chargés d'enlever une enfant - Amy. Peu après que le virus a été inoculé à cette dernière, les mutants attaquent le centre de recherches.
Près d'un siècle plus tard. Une communauté a survécu à l'apocalypse causée par l'attaque des viruls, ainsi qu'ont été baptisés les mutants. Une adolescente la rejoint bientôt. Une puce électronique implantée sous sa peau révèle qu'il s'agit d'Amy, âgée désormais de plus de cent ans mais qui en paraît à peine quatorze... L'aventure ne fait que commencer.

Mon avis :
ENORME.
La claque, je ne vous dis pas. Enfin si je vous le dis !

Voilà quelques années que je n'avais pas lu un bouquin aux dimensions et à l'ambition aussi épiques.

Je suis tombée par hasard sur un blog (je ne sais plus lequel, désolée !) sur ce titre post-apo dont je n'avais pas entendu parlé (comment est-ce possible me direz-vous ? Et bien je pense que c'était pour que je puisse avoir un livre génial à lire pendant ces vacances de Noël. C'était écrit !) Ni une, ni deux, je commande le-dit roman, et voyant la bête d'environ 1000 pages, et la jolie couverture brillante, je me dis : ça, c'est une lecture de vacances de Noël, à savoir un pavé post-apo qui me fait bien envie, et que je veux avoir le temps de savourer... ou de dévorer !

Il y a deux parties distinctes dans ce roman qui se déroule d'une part dans un futur proche, puis ensuite 100 ans plus tard. On va connaître le départ de l'épidémie, les manipulations par les militaires d'une science qu'ils ne maîtrisent pas, puis les conséquences un siècle après sur le mode de (sur)vie des rares humains restants. Le résumé parle de mutants, soyons clairs, pour moi il est question de vampires mais dans le sens bestial du terme. Attention, ils ne sont pas idiots, ce qui les rend encore plus dangereux ! Autant vous dire que si Bella croisait Edward dans ce bouquin, elle finirait déchiquetée.

Justin Cronin, que je ne connaissais pas, écrit vraiment très bien et vous accroche tout de suite. Ses personnages sont psychologiquement super construits. Il n'y a pas les gentils et les méchants, mais de nombreuses nuances de gris. De même, il sait instiller le suspense en une petite phrase, celle dont on finit par se rappeler plusieurs chapitres après, quand un truc énorme arrive.

L'Amérique post-apocalyptique est bien dépeinte, l'angoisse et le désespoir quasi-permanent des personnages vous gagne lorsque l'on n'est plus sûr que les lumières resteront allumées. Les scènes d'action sont terribles, enfin bref, j'ai adoré ce roman !

Captivant, palpitant, ce pavé encore trop court est le 1er tome d'une trilogie dont la seconde partie, The Twelve, devrait être publiée cette année en VO. Apparemment Ridley Scott compte l'adapter en 2013.

Lisez-le ! C'est mon seul conseil.



samedi 5 novembre 2011

♥♥ 188 contes à régler de Jacques Sternberg

Le pitch :
Les extraterrestres ? Trop différents de nous pour qu’une quelconque communication soit possible, ou trop semblables à nous pour exciter notre curiosité.
Les planètes étrangères ? Piégées.
Les objets ? Suspects.
Le temps ? L’espace ? Sujets à d’étranges sautes d’humeur.
Les humains ? Pollueurs, prétentieux, belliqueux, avides de profits et de records, vulgaires, rongés par l’ennui, mortels dans tous les sens du terme.
Et Dieu dans tout ça ? Tranquillement sadique.
En 188 contes-gouttes, Jacques Sternberg décline ses haines et ses dégoûts sur le seul monde qui trouve grâce à ses yeux : l’absurde, l’humour noir, le sarcasme glacé.

Mon avis :

"Une bibliothèque, c'est un des plus beaux paysages du monde"
 
Juste pour le plaisir de vous faire partager un de mes livres préférés, voici un recueil de nouvelles de Jacques Sternberg. Son mot d'ordre : un humour glaçant !

Découvert pendant mon adolescence, grâce à mon papa qui m'a fait baigner dans la SF depuis toute petite, ce Présence du Futur (maintenant disponible chez Gallimard en Folio) est un bijou ! Percutant, le style de Sternberg ne laisse pas indifférent et touche à l'essentiel sans fioriture. Les nouvelles sont la plupart du temps ultra-courtes. La plus brève fait une phrase, la plus longue quelques pages.

Je vous livre ma nouvelle préférée, d'une ironie incontestable, et franchement ça m'éclate :

La poussière
Dieu était arrivé à bout de ses peines quand il pensa à celles qu'il réservait à l'homme récemment créé et il fut assez satisfait de les résumer en affirmant : « né de la poussière, tu seras destiné à redevenir poussière. » Et pour peaufiner le sadisme de sa trouvaille, il donna à l'homme la conscience de n'être que poussière et l'intelligence d'inventer un jour l'aspirateur.

Jacques Sternberg a vécu la seconde Guerre Mondiale, durant laquelle son père a été déporté et tué. Son écriture grinçante nous fait ressentir son traumatisme, les thèmes des horreurs de la guerre et de la perte de la foi étant récurrents dans ses histoires, à l'image de ce pape qui ayant finalement la possibilité de voyager dans le temps, choisit d'aller réconforter les déportés avant qu'ils n'entrent dans les chambres à gaz...

Il critique ouvertement la société de consommation et prévoit même la crise dans plusieurs de ses textes, au nombre desquels on peut citer Les finances :

"...Mais la bagnole, cette gnôle de l'homme moyen, ne trouvait plus d'acheteurs. L'argent était devenu trop difficile à gagner pour le mettre dans du superflu et ceux qui possédaient une vieille voiture n'avaient plus de quoi mettre du carburant dans leur moteur..."

Cela vous rappelle quelque chose ?

Sternberg aime aussi parler des femmes, humaines ou pas, de leur sexualité, de leur absence... Oui, il y a du cul dans 188 contes à régler. Et des planètes lointaines !

Les deux éditions du livre sont illustrées par Roland Topor, qui a su capter le désespoir et la noirceur dans les textes de l'auteur, et nous les retranscrire en image de façon brutale.


Le petit précis d'histoire du futur qui termine le recueil est un régal à lire, et clos parfaitement ce bouquin indispensable dont je relis régulièrement quelques pages !



Baroona l'a lu !

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