mardi 16 octobre 2018

L'Âme des horloges de David Mitchell

L'Âme des horloges, publié chez L'Olivier en grand format et sorti récemment en poche chez Points, est ma première lecture de David Mitchell. Il m'a été chaudement recommandé par Lorhkan et Yogo. Je ne regrette pas d'avoir suivi leur conseil !

Holly Sikes, une adolescente de 15 ans, décide de fuguer à la suite d’une dispute avec sa mère. Mais Holly n’est pas une fugueuse comme les autres : hypersensible, elle entend des voix depuis son enfance, provenant de personnages mystérieux qu’elle appelle « les gens de la radio ». Sa fugue prend soudainement un tour paranormal quand des visions cauchemardesques viennent remplacer la réalité : Holly se retrouve au milieu du conflit qui oppose deux factions d’immortels, les Anachorètes et les Horlogers… Disparitions et mystères se multiplient autour d’elle.

Ma chronique sera brève à l'inverse de ce livre qui est un pavé (un bon pavé !) avec parfois quelques longueurs mais tellement bien écrit !

Je vais évacuer d'abord la partie négative de mon avis : techniquement le versant "fantastique" de ce roman me semble n'avoir que peu d'intérêt, même s'il lie plus ou moins l'ensemble ! Je pense que l'auteur s'en sert comme prétexte pour nous montrer des personnages qui voient le monde changer radicalement au cours de leurs vies si longues. Qui voient les civilisations chuter puis d'autres se reconstruire sur les ruines. Mais en fait c'est tout. Cela aurait aussi bien pu être un roman de littérature générale (ou de SF sans trop spoiler la dernière partie).

Quelques semaines après avoir fini L'Âme des horloges, me restent surtout en mémoire une écriture maîtrisée, une vraie plume, mais aussi une critique de notre société.

Ce roman a bien des atouts. S'il propose une vision du monde et de l'avenir plutôt pessimiste, c'est pour nous mettre en garde : à ce titre, la partie du journaliste de guerre est édifiante, tout comme la dernière partie est proprement effrayante.

Mais surtout, c'est une histoire que nous raconte l'auteur. Et c'est un vrai conteur, à n'en pas douter ! Ses personnages sont pensés, réalistes, vivants et leurs vies si bien mêlées.

David Mitchell se permet aussi de jolis pics au monde littéraire qui m'ont parfois bien fait rire. Les clins d’œil sont chouettes, les références nombreuses.

Au final, c'est une belle découverte pour moi, puisque c'était ma première lecture de l'auteur. Il a clairement réussi à me traumatiser avec sa dernière partie si réaliste et violente pour l'enfant des années 80 que je suis.
Avis des copinautes, certainement plus éclairants que le mien :

L'Âme des horloges
de David Mitchell
Editions de L'Olivier - Avril 2017
784 pages
Points - Avril 2018
864 pages
Traduit de l'anglais par Manuel Berri
GF : 25€ / Poche : 9,50€ / Numérique : 9,99€
Titre original : The bone clocks - 2014


10 commentaires:

  1. Je suis d'accord avec toi, la partie fantastique s'invite vraiment par petites touches ; mais je n'ai pas vu ça comme un prétexte. En tout cas, je suis admirative de la construction de ce récit par les imbrications des intrigues et des vies.

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    1. J'ai eu du mal à accrocher au récit fantastique et à voir sa signification dans la vie des personnages. Autre chose aurait pu lier leurs histoires de vie pour moi, je suis restée assez en dehors de cet aspect du récit pour le coup mais peut-être que j'en attendais un peu trop !

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  2. Tout comme toi, le côté fantastique m'a un peu gâché le livre, c'est la partie la moins intéressante. Par contre quelle écriture, quel talent, ça marque.

    David Mitchell un auteur à découvrir.

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    1. Complètement d'accord ! (comme c'est bizarre)

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  3. Grand grand roman !

    Certes, la partie fantastique n'est pas la plus réussie, même si elle est au coeur du roman, tissant des liens entre toutes ces histoires individuelles.
    Mais ces personnages, ces situations de vie tellement bien écrites ! Et cette fin, mélancolique au possible...

    Non vraiment, un très grand roman !

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    1. Je te rejoins c'est magnifiquement écrit ! Et la fin... Pour moi carrément glaçante.

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  4. David Mitchell est sur le point de devenir mon nouveau Guy Gavriel Kay : à chaque chronique je me dis qu'il faut que je les lise, que ça a l'air génial, et... toujours pas. >.<

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    1. Même problème ici :/
      Je crois que mes grandes copines super fan que sont Alys et Vert vont finir par m'en coller un de force entre les pattes XD

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  5. La fin est en effet glaçante car vraisemblable. A lire du même auteur, son meilleur livre, Cartographie des nuages, qui a aussi une partie SF.

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  6. Oui le fantastique est un peu un prétexte dans ce roman (quoique il permet de faire le lien avec d'autres romans, c'est quand même sympa), mais sinon quel monument. Comme toi la partie sur le journaliste de guerre et la fin m'ont achevé.

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