samedi 13 avril 2013

Présumé coupable d'Isabelle Guso

Le pitch :
Autour de mes démons, une armure de papier.
Mon Peter Pan dans sa tombe, ma forteresse.
Mentir puisqu’il le faut.
Lutter seul.
Et tenir bon

Mon avis :
Présumé coupable d'Isabelle Guso, publié dans la collection Novella de Griffe d'encre, est le titre que Cornwall m'a choisi pour notre second défi Âne VS Papillon. Pour le premier, elle m'avait proposé un pavé qui s'était avéré excellent, à savoir Druide d'Oliver Peru. Celui-ci est beaucoup moins digeste.

Le sujet abordé, dois-je le dévoiler ? C'est la première difficulté de cette chronique. Et à la fois, ne pas le dire revient à le dire. Parce qu'on devine, parce qu'on sent dès le début de la lecture, on sait ce qui sera révélé assez rapidement, page 11 (format numérique), pour ne laisser finalement aucune ambigüité. C'est intelligent de la part de l'auteure de dévoiler cela si vite parce que je crois que cela permet au lecteur de décider : je continue ce bouquin ou pas ?

J'ai pris la décision de continuer ma lecture, car je voulais comprendre pourquoi ma Choupinette avait voulu me faire découvrir cette novella si particulière. J'avoue lui en avoir voulu, au tout départ. A moi, jeune maman, me faire lire ça... Mais je ne me laisse pas abattre si facilement.

Il est des thèmes tellement difficiles à aborder que peu de livres existent sur le sujet. Le tour de force d'Isabelle Guso est d'avoir écrit quelque chose d'encore plus rare en adoptant le point de vue du "monstre".

Je pique le résumé trouvé sur le blog d'Oph : "Cardiologue français en instance de divorce, il a tout plaqué pour chercher au Japon le remède à ses souffrances. Car cet homme apparemment bien sous tous rapports doit cacher ce qu'il est, ce qu'il aime, sous peine de perdre l'estime d'autrui. Aux yeux de ceux qui savent, en effet, quels que soient ses efforts pour rester du bon côté de la ligne, il sera toujours présumé coupable."

Malgré quelques facilités dans le déroulement de l'histoire, ce livre a-t-il atteint son but sur moi ? Oui et non. Je comprends la démarche, le "prévenir plutôt que guérir", l'envie d'empêcher cela d'arriver, le besoin de dire cet homme est humain, comme vous, comme moi. Mais dans les faits, viscéralement, mon premier réflexe n'est pas, et ne sera certainement jamais de dire "c'est un humain, il est comme moi". Parce que notre instinct n'est pas d'essayer de sauver quelqu'un qui peut faire autant de mal. Non, notre instinct est de protéger les nôtres, d'abord et avant tout. Et je crois que cette protection s'exprime par le rejet total du "monstre".

C'est pour cela que la fin de la novella m'a paru totalement surréaliste. Je n'y crois pas une seconde. Personne ne ferait ça. Du moins, c'est mon avis.

Les deux postfaces sont nécessaires et font partie intégrante du livre. Je peux comprendre qu'on veuille aider ces personnes. Je comprends qu'on veuille empêcher cela d'arriver. Mais la menace est si effrayante, si révoltante...

Pour résumer, je remercie Cornwall qui a osé me proposer une novella que je n'aurais jamais lue de moi-même, qui a osé prendre le risque que je le prenne mal ou que je ne comprenne pas. Ce texte n'est pas pour tout le monde, il est difficile, presque inacceptable. Bien que cela soit bien écrit, il n'y a pas vraiment de "plaisir" de lecture mais un questionnement lourd. Pour ma part, je vais continuer à vivre dans le monde des zombies-bisounours. 

Un thème difficile qui remue mais une fin peu réaliste.
Lisez les avis d'Oph, Acr0, Lhisbei, Laure.

Cornwall a lu Le Rêve du Prunellier de Rozenn Illiano pour ce second défi.

2nd défi Âne VS Papillon : contrat rempli !

Lecture n°24 dans le cadre
du challenge Je lis des nouvelles et des novellas

5 commentaires:

  1. J'ai lu ce livre il y a peu de temps et je n'ai pas réussi à pondre la moindre chronique. C'est en grande partie, je crois, parce que j'ai eu l'impression durant ma lecture que l'auteur essayait de manipuler son lecteur, même si j'ai parfaitement conscience que ce n'était pas son intention.
    J'ai vraiment eu des difficultés avec cette lecture et si, comme toi, je comprends l'idée, j'arrive même à la trouver louable, je ne peux pas aller au-delà de mes réflexes de protection.

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  2. Bon je suis maman aussi et forte heureusement j'ai aussi ce réflexe de protection...
    Il y a une commune proche de chez moi, où des parents ont remarqué le petit "jeu" d'un type qui tournait autour d'une école, ils préviennent les gendarmes : ils savent mais ne peuvent rien faire tant que le type ne fait rien le risque est que d'une le type en vienne à succomber, ça fera une victime,ou, deuxième solution, qui est arrivé à Brest conforter dans leur certitude le type se fait lyncher par les parents.Pas de bol c'était juste un pauvre type qui aimait regarder la joie de vivre des enfants. Quel mal y a t-il a ça ?
    Je n'humanise pas le pédophile, je pense que ces profils sont décelable, sans attendre qu'ils agissent et qu'ils fassent des victimes.

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  3. @Strega : oui ça peut être très difficile à chroniquer, la preuve je parle plus du thème que du texte en lui-même, je suis d'ailleurs passée carrément à côté du pan "fantastique".

    @Cornwall : je comprends parfaitement.

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  4. Oui, je viens de voir, c'est page 28 sur format papier. J'ai trouvé qu'il manquait une dimension pour que je puisse m'y accrocher réellement. D'ailleurs, je n'avais pas menti dans ma chronique (je viens de la relire), lu en octobre 2010, il ne m'en reste quasiment rien, si ce n'est la trame générale et l'ennui d'un texte que j'avais trouvé trop surréaliste.

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