Affichage des articles dont le libellé est lecture équitable. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lecture équitable. Afficher tous les articles

samedi 13 avril 2013

Présumé coupable d'Isabelle Guso

Le pitch :
Autour de mes démons, une armure de papier.
Mon Peter Pan dans sa tombe, ma forteresse.
Mentir puisqu’il le faut.
Lutter seul.
Et tenir bon

Mon avis :
Présumé coupable d'Isabelle Guso, publié dans la collection Novella de Griffe d'encre, est le titre que Cornwall m'a choisi pour notre second défi Âne VS Papillon. Pour le premier, elle m'avait proposé un pavé qui s'était avéré excellent, à savoir Druide d'Oliver Peru. Celui-ci est beaucoup moins digeste.

Le sujet abordé, dois-je le dévoiler ? C'est la première difficulté de cette chronique. Et à la fois, ne pas le dire revient à le dire. Parce qu'on devine, parce qu'on sent dès le début de la lecture, on sait ce qui sera révélé assez rapidement, page 11 (format numérique), pour ne laisser finalement aucune ambigüité. C'est intelligent de la part de l'auteure de dévoiler cela si vite parce que je crois que cela permet au lecteur de décider : je continue ce bouquin ou pas ?

mardi 9 avril 2013

Dernière semaine d'un reptile de Franck Ferric

Le pitch :
Dans son petit appartement minable, Julius vit une existence qui ne vaut pas beaucoup mieux. Sa petite amie l’a plaqué. Son job est idiot. Sa voisine est fêlée. Son unique échappatoire est l’écriture, à laquelle il se consacre tous les jours. Ses histoires parlent de plombiers de l’espace lancés à travers les intestins de l’Univers, de clochards vampires courant après le soleil, de gamins qui préfèrent la chasse au dragon aux bancs de l’école.
À travers huit nouvelles de fantastique, de fantasy et de science fiction, toutes liées à de grands thèmes mythiques ou légendaires, « Dernière semaine d’un reptile » retrace les sept derniers jours d’un écrivain looser et solitaire, sa glissade délirante dans sa folie intime, dans la folie du monde.

Mon avis :
Dernière semaine d'un reptile est un recueil de Franck Ferric publié par les Editions du Riez. C'est un poche qui réunit huit, voire neuf nouvelles fantastiques.

Je souligne tout de suite la superbe de couv' de B., auteur de Memories of Retrocity, réalisée vite fait parce qu'il est débordé. Imaginez qu'il ait pris son temps...

Mon livre préféré de Franck Ferric est La loi du désert, un bon post-apo, mais étant donné ce que j'ai lu de lui depuis ma découverte, à savoir le roman Les Tangences divines ou encore la nouvelle Révolutions (présente dans le recueil mais auparavant publiée par les éditions Le Souffle du rêve), je crois que son post-apo est peut-être le livre qui lui ressemble le moins.

dimanche 17 mars 2013

☺ Le Rêve du Prunellier de Rozenn Illiano

Le pitch :
Entends le chant des trains, et les cris d’une Reine des Neiges en furie, et le bruissement des arbres hybrides. Écoute les prières fiévreuses d’une dame d’hiver en péril, l’écho d’un bec de corneille qui cogne à la fenêtre, le bruit sourd d’un corps chutant d’un gratte-ciel. Écoute le silence des mondes qui s’entrechoquent, et le vacarme d’une graine qui grandit, bien cachée sous le bitume…
 
Huit nouvelles oscillant entre féerie étrange, fantastique éthéré, onirisme nocturne. Huit histoires sans lien ni point commun, ou presque. Juste quelques corneilles, et le froid mordant de l’hiver…

Mon avis :
Le Rêve du Prunellier est un recueil auto-édité de Rozenn Illiano. Non, n'ayez pas peur, n'abandonnez pas votre envie de lecture à cause de cette auto-édition, que l'auteure nous explique ici ! Malgré quelques coquilles (mais pas forcément plus que dans des livres avec éditeur...) qui s'oublient vite, ce bouquin est bluffant de qualité.

dimanche 3 mars 2013

Gueule de Truie de Justine Niogret

Le pitch :
Gueule de Truie est un inquisiteur, envoyé en mission par les Pères de l’Église après l'apocalypse. Ces gens sont persuadés que la fin des temps a été envoyée par Dieu lui-même, et que la Terre est morte. Leur but ? Détruire le peu qui reste afin de, une bonne fois pour toutes, tourner la page de l'humanité. A leur service, Gueule de Truie, caché derrière le masque qui lui donne son nom, trouve les poches de résistance et les détruit les unes après les autres. Un jour, pourtant, il croise la route d'une fille qui porte une boîte étrange, pleine de... pleine de quoi, d'abord ? Et pourquoi parle-t-elle si peu ? Où va-t-elle, et pourquoi prend-elle le risque de parcourir ce monde mort ? En lui faisant passer la question, Gueule de Truie finit par se demander si elle n'est pas envoyée par Dieu, elle aussi, et si son rôle à lui, sa véritable mission, n'est pas de l'aider à atteindre ce but qu'elle s'est fixée, et peut-être, ainsi, apprendre ce qui a causé l'apocalypse elle-même.

Mon avis :
Gueule de Truie j'en entends parler depuis un an. Publié aux Éditions Critic, c'est le post-apo de Justine Niogret, l'auteure de l'excellent Chien du heaume.

La couverture de fou de Ronan Toulhoat, l'illustrateur de Block 109, est parfaite. Certainement la meilleure couverture de post-apo que j'ai vu, et qui plus est, totalement en accord avec le roman (normal, Ronan Toulhoat lit toujours les livres avant d'en réaliser la couverture). Gueule de Truie vous regarde en face, pas la peine de fuir, c'est fichu d'avance.

C'est difficile de parler de Gueule de Truie...

dimanche 24 février 2013

Contrepoint dirigé par Laurent Gidon

Le pitch :
Peut-on écrire des histoires dans lesquelles il n’y aurait ni guerre, ni conflit, ni violence ?
Un vrai défi qu’ont relevé avec talent, sensibilité et humour neuf des plus belles plumes de l’imaginaire en France sous la direction de Laurent Gidon.

Mon avis :
Offerte pour l'achat de deux livres papier ou numériques ActuSF, Contrepoint est une anthologie originale qui prend donc le contre-pied de ce qui s'écrit généralement aujourd'hui. Cet ouvrage, dirigé par Laurent Gidon, nous présente neuf textes qui seraient sans violence ni conflit.

Je dis bien qui seraient, car je n'y croyais pas vraiment en entendant parler de ce livre pour la première fois sur le RSF Blog. Dubitative j'étais. Comprendre vous allez.

mercredi 30 janvier 2013

La Porte de Karim Berrouka

Le pitch :
Un nain tout de métal bardé errant dans le désert, deux Loups-Garous philosophes – et une légère crise de foi –, trois femmes belles et mystérieuses, une horde de barbares à l’humour barbare et aux manières barbares, vingt-quatre cadavres presque morts et une pénurie d’allumettes...
Et bien sûr, une porte.
Ouverte ou fermée, grattée, toquée ou explosée, de chêne (massif, renforcé de fer forgé) ou de frêle bouleau, elle est le pivot grinçant de ce petit conte férocement dégondé.

Mon avis :
La Porte est un conte de Karim Berrouka publié dans la collection Novella de Griffe d'Encre.

"La gueule barbouillée de sang, Premier Loup-Garou rugit en se frictionnant le museau.
Deuxième Loup-Garou, affalé sur la table, ventre ballonné et tête renversée, le regardait,
une lueur glauque illuminant d'un éclat sirupeux ses yeux mi-clos.
- J'ai les dents du fond qui baignent."

Absurde et drôle, Berrouka nous raconte l'histoire de deux loups-garous vivant dans une maison au milieu du désert. Ils se nourrissent exclusivement d'hommes d'église. Ils aiment les discussions philosophiques, argumentées et légèrement sans queue ni tête. La bienséance leur tient particulièrement à cœur.

Un soir, on frappe à la porte. C'est le début des ennuis.

vendredi 14 décembre 2012

Hanosz Prime s'en va sur Terre de Robert Silverberg

Le pitch :
Le puissant et estimé Hanosz Prime, tout juste sorti de sa cure de jouvence, décide de traverser I'univers pour aller visiter la Terre, berceau en sursis de l'Humanité. Là-bas, bien des merveilles l'attendent et — pourquoi pas ? — l'amour...
Robert Silverberg, figure majeure de la science-fiction américaine, auteur de classiques comme L'Oreille Interne ou Le château de Lord Valentin, signe ici une novellette en forme de pastiche. Un texte qui évoque l'Âge d'or de la science-fiction et, jusqu'à aujourd'hui, inédit en France.

Mon avis :
J'ai téléchargé Hanosz Prime s'en va sur Terre de Robert Silverberg dans le but de continuer à remplir ma chère et tendre liseuse pour pas cher. Merci ActuSF pour le prix. Bon pour le texte, c'est autre chose. Mais ça m'apprendra à ne pas avoir lu le pitch jusqu'au bout. C'est marqué : PASTICHE.

mercredi 12 décembre 2012

Piège vital d'Alain Le Bussy

Le pitch :
Désireux de se faire oublier le temps que ses avocats règlent une affaire de gros sous, un milliardaire se cache sur une petite colonie agricole.
Bien que la planète bénéficie d’un fort potentiel touristique, on ne peut pas dire que les autorités locales cherchent à attirer les foules.
Pourtant, sur Muldson, l’étranger ne le reste pas longtemps…

Mon avis :
Piège vital est une novella d'Alain Le Bussy publiée chez Griffe d'Encre, que j'avais remarquée suite à la chronique de Lhisbei.

dimanche 11 novembre 2012

Nouveau challenge : A la découverte des petites maisons d'édition


Je viens de découvrir ce nouveau challenge (lancé hier il faut dire) sur le blog Autour des livres d'AgatheK : à la découverte des petites maisons d'édition.

J'adore le thème alors je signe tout de suite !

samedi 3 novembre 2012

L'Après-dieux de Maëlig Duval

Le pitch :
Albert Vaclau est fonctionnaire au bureau de la Reconstruction.
Il évalue de 1 à 5 les dégâts de la guerre civile dans les villages à reconstruire.
Il classe les organisations non gouvernementales de 1 à 9, selon leur niveau de sédition.
Mais quand il rencontre Eva et son fils, il doit se rendre à l’évidence : aucune échelle de valeurs ne peut s’appliquer à eux.

Mon avis :
Sur les conseils d'un grand connaisseur de post-apo, j'ai acheté tout récemment L'Après-dieux de Maëlig Duval, paru chez les chouettes Éditions Griffe d'Encre

Il n'y a pas de hasard, déclara Georges. Il y a des signes.

mercredi 17 octobre 2012

Les Peaux-Epaisses de Laurent Genefort

Le pitch :
Lark et Roko : deux mercenaires parmi les plus doués et les plus chers. Le premier est un ancien peau-épaisse, un humain modifié pour résister aux conditions de travail dans l'espace. Après trente ans de métier, il décide de raccrocher et de rejoindre les siens. Le second, formé par Lark, déteste les Peaux-Épaisses. Depuis une affaire qui a mal tourné, il les chasse pour revendre leurs peaux, véritables combinaisons spatiales vivantes. Quand on l'engage pour éliminer le clan de Lark, son chemin va à nouveau croiser celui de son ancien mentor. Lark parviendra-t-il à retrouver et sauver son clan ? Et Roko assouvira-t-il enfin sa vengeance ? Une seule certitude : il y a des comptes à solder... d'un côté comme de l'autre.

Mon avis :

Si tu veux mon avis, les hommes déploient le plus d'imagination dans deux domaines :
les moyens de se saouler, et la panoplie la plus adéquate pour foutre en l'air son semblable.

Paru en 1992 au FNA, puis en 1998 chez Mnémos, Les Peaux-Epaisses de Laurent Genefort est réédité en cette rentrée chez les Éditions Critic, dans une version revue et corrigée.

Roko est un mercenaire très méchant, et en colère. A cause des Peaux-Epaisses, ces post-humains génétiquement modifiés pour évoluer dans le vide, il a perdu deux ans de sa vie. Alors quand une multimondiale lui demande d'éliminer tout un clan et de ramener leurs peaux d'une grande valeur monétaire, il est ravi. Sauf que le clan en question est celui de son ancien maître Lark, récemment retraité et rappelé par son clan pour les protéger, et que donc ça ne va pas se passer comme ça mon p'tit gars.

Techniquement, l'intrigue de base de ce roman est classique. En gros, la question est : qui de l'élève ou du maître en sortira vainqueur ? On a affaire à un space-opera testostéroné dans lequel les armes en tout genre, les poursuites et les coups-bas se succèdent pour notre plus grand plaisir.

Cependant, j'ai trouvé que l'intérêt de ce récit se situait au-delà de l'intrigue, déjà sympathique en elle-même.

D'abord, les mondes visités : pfiouuuuu ! Laurent Genefort se révèle, comme souvent, un "imagineur" de mondes hors-pair. L'aventure commence sur Hyllos, une planète où planent des aérozoaires, êtres vivants de 5 km de diamètre dans lesquels vivent des humains. Roko y cache même des corps dans les murs de chair. On continue sur Tycho Deux, structure spatiale en forme de pneu de tracteur, par une belle balade en aérotrain. D'autres endroits encore nous sont formidablement décrits par l'auteur. Et l'endroit où se passe la fin est glauque comme il faut !

Ensuite les personnages : fouillés, profonds, torturés par un passé difficile, ils ont une épaisseur (ha ha !) indéniable. On y croit, on est dedans, même avec les personnages secondaires. Je vous ai dit qu'on était dans un roman musclé, mais pas que. Il y a de la sensibilité à l'intérieur de cette histoire, incarnée d'un part par Lark, qui à l'aube de sa retraite entreprend un retour à ses racines, et de l'autre Anson, un jeune universitaire bègue qui étudie les peuples post-humains et notamment les Peaux-Epaisses. Ceux-ci ne sont pas considérés comme de vrais êtres humains, mais plutôt comme des bêtes de somme. Pourtant Anson va découvrir en les côtoyant des choses étonnantes.

Finalement ce space-opéra est une réflexion sur le droit à la différence : les post-humains devraient avoir leur place dans l'humanité qui les a créés pour son profit puis remplacés par des drones, mais ils sont rejetés et haïs. Peu de gens tentent de les connaître et de les comprendre. Par les yeux de l'universitaire, le lecteur expérimente la découverte d'un peuple en souffrance...

J'ai appris que l'univers nous prend beaucoup et nous offre peu.
Chaque parcelle de joie, il faut la saisir pendant qu'elle est à portée.

Petite parenthèse sur la couverture de Ronan Toulhoat : je la trouvais sympa déjà au départ, mais quand j'ai lu le passage auquel elle se rapporte, surtout le lieu et ce qu'il représente, je l'ai trouvé encore plus belle. Voilà, pour comprendre, il faudra lire !

Pour résumer, Les Peaux-Epaisses est un space-opéra musclé avec de la sensibilité et de la réflexion dans le dedans, assez noir, avec une intrigue classique mais qui permettra à tous de passer un bon moment de lecture en compagnie de Laurent Genefort (J'ai envie de dire : comme d'hab !)


Si cette chronique vous met en appétit, je vous réserve une petite surprise pour samedi ;-)

Vous pouvez aussi lire celle de Guillaume.

De Laurent Genefort sur le blog :


samedi 13 octobre 2012

GeMs : Paradis perdu de Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta

Le pitch :
Futur proche. La couche d'ozone en lambeaux ne protège plus des rayonnements solaires une Terre dévastée par la brutale montée des eaux. Les survivants de la catastrophe refluent vers l'intérieur, se massent autour des grandes villes repliées sous leurs dômes abritant une élite riche et insouciante. Face aux gouvernements fantoches, ProsPectiVe, un puissant consortium martien, étend son emprise sur la planète mère à bout de souffle. Grâce aux bienfaits qu'il dispense, la vie est facile intra-dôme, surtout depuis, la commercialisation d'esclaves clonés, les GeMs, créés pour servir les humains Inédits. Tandis que l'extérieur des dômes, l'EDo, accueille dans ses ruines les réfugiés, laissés-pour-compte et clones en fuite...

Mon avis :
D'abord édité en 2006 chez L'Atalante et maintenant épuisé, GeMs est une trilogie post-apo écrite par Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta. Les Editions Voy'[el] ont décidé de la reprendre mais sous une autre forme. Paradis perdu est le premier épisode de la première saison de la version numérique. Elle se composera donc de 3 saisons de 6 épisodes chacune. Les deux premières saisons sont disponibles, chaque épisode coûtant 0.99€, à l'exception du pilote qui est gratuit. J'en ai donc profité pour me lancer.

Le trou de la couche d'ozone a entraîné un réchauffement climatique et une défluviation monstre. Dans ce monde post-apocalyptique, certaines personnes ont la chance de vivre dans les Dômes, tandis que les autres survivent à l'extérieur, l'EDo. 

Les habitants des Dômes, se nommant eux-mêmes les Inédits, ont recours au clonage pour leurs loisirs et fantasmes. Les clones, littéralement des esclaves, sont appelés les GeMs (Génétiquement modifiés). Ils sont créés par la colonie martienne qui s'en sort bien mieux que la vieille planète-mère. Sous couvert d'aider la Terre, ce sont surtout les intérêts économiques et le contrôle qui motivent la ProsPectiVe, consortium martien tout puissant.

Certains GeMs, comme Gaïl, jouet sexuel, décident de fuir les Dômes pour rejoindre l'EDo, malgré les dangers qui les attendent au-dehors. A l'extérieur, des communautés se sont formées dans les ruines. Parmi elles, EDen est celle qui aide les GeMs à s'échapper et à s'intégrer à l'EDo. Mais elle a d'autres particularités...

Vivre libre ou mourir !

GeMs est un post-apo qui reprend les thèmes classiques du genre : la violence, du danger, des modifications génétiques, la planète Terre bafouée, une élite décadente et bien sûr la survie. Rien de surprenant mais cependant c'est agréablement écrit et les personnages sont bien campés. Bien qu'un peu manichéens, ces derniers sont attachants et assez réalistes malgré tout. On comprend leurs émotions et leurs doutes et on se révolte contre la manière dont sont traités les clones. Parmi les personnages, le plus charismatique est un GeM mystérieux, difforme, et amateur de livres du nom de Gabriel.

Le texte est écolo sans être moralisateur, ce que j'apprécie bien. Je n'aime pas qu'on me donne des leçons trop flagrantes ! Il se rapproche un peu d'Exodes de Ligny pour le coup.

J'attends de voir ensuite quelle dynamique apporte le côté épisodique de la lecture, en tous les cas Paradis perdu se lit vite et bien, avec l'envie de connaître la suite. C'est un pari de gagné pour Voy'[el] qui fait vivre ses publications papier grâce au numérique, n'en déplaise à certain(e)s (un article à ce sujet à lire ici). 

Avec déjà 2656 téléchargements pour ce premier épisode, GeMs : Paradis perdu est un post-apo assez classique mais de qualité, prometteur et qui j'espère me réserve de belles surprises. Je compte télécharger la suite des aventures de Gaïl et Gabriel, car franchement pour 0.99€, pourquoi se priver !



vendredi 21 septembre 2012

♥ Les Enfants du Léthé - Intégrale II du cycle de Lanmeur de Christian Léourier

Le pitch :
Lanmeur, planète-mère du Rassemblement, poursuit son grand dessein de colonisation…
Sur ces deux planètes que sont Borgœt et Ti-Grid, sa domination est totale. Borgœt, la planète bagne, et Ti-Grid, la pacifique, en sont les exemples frappants. Tandis que depuis  sa prison à ciel ouvert, le Camp 23, Garth survit aux côtés de l’étrange Iwerno et tente d’échapper aux effets du Léthé, la drogue de l’oubli, Skiath part en quête de son nom véritable, celui qui lui dictera sa propre loi, sur son monde où le Lagad, l’épice rituelle, apporte perception et vérité… Mais la seule issue possible, pour ces deux hommes, n’est-elle pas dans la révolte ?

Mon avis :
On peut dire que je l'attendais, cette intégrale numéro 2 du cycle de Lanmeur ! J'avais lu le 1er tome, Les Contacteurs, avec AcrO, Dup' et Phooka, pour la première lecture commune de ma vie. L'écriture de Christian Léourier est une très belle découverte, et comme dit Pierre-Paul Durastanti, cet auteur est "un des secrets les mieux gardés de la SF française". Ce qui était bien dommage et on remercie les Editions Ad Astra d'avoir décidé de rééditer ces petits bijoux de Planet-Opera.

Ce tome comprend donc deux romans et une nouvelle inédite.

Nul ne sait combien la galaxie compte de mondes humains, disait Korwal.
Chaque année, nos vaisseaux en découvrent de nouveaux. Mais il n'y en a pas deux qui se ressemblent.
Je crois que je regretterai toujours de ne pas les avoir tous vus.

Les Racines de l'oubli, le premier roman, est je dois l'avouer mon préféré du tome, voire du cycle (enfin de ce que j'en ai lu pour le moment), pas loin devant Ti-Harnog. L'action se situe sur la planète pénitentiaire Borgoet, où Lanmeur envoie ses repris de justice afin de défricher la jungle inextricable et mortelle qui la recouvre. Cependant, ceux-ci, drogués au Léthé, ne se souviennent pas de leur forfait, mais savent juste qu'ils ont fait quelque chose de tellement grave qu'ils ont été envoyés définitivement au bagne. 
Le "héros" de l'histoire n'en est pas un. Il a de nombreux défauts, des vices, des failles. Comment pourrait-il en être autrement sur une planète où le danger est partout : jungle, faune, gardiens, autres prisonniers... Il sera tour à tour courageux, pitoyable, ou même gerbant. Mais une découverte puis une rencontre vont changer sa vie.

Le second roman s'intitule La Loi du monde. Sur Ti-Grid, chaque personne suit sa loi, un principe qui régit toute sa vie et déterminé par le nom donné à la naissance. Skiath ne connait pas son vrai nom : enfant, il a été recueilli par un Lanmeurien venu pour le Rassemblement, et a tout oublié de son passé. Devenu adulte, il cherche ses racines dans un voyage initiatique dont il ne sortira pas indemne. 

Enfin Christian Léourier nous fait le plaisir de nous proposer une nouvelle inédite dans l'univers de Lanmeur, Le Secret. Assez courte, celle-ci nous raconte le périple d'un grand-père natif et de sa petite fille, métissée : son père est Lanmeurien. Ensemble ils passent une nuit sur la falaise, près des oiseaux. 

Encore une fois, excusez mon langage familier, j'ai kiffé cette lecture pas comme les autres. Voire surkiffé en ce qui concerne Les Racines de l'oubli. Christian Léourier écrit des histoires bien ficelées, construites et réfléchies. Dans ses récits se posent les grandes questions, se mènent des réflexions sur la politique, les relations humaines qui s'avèrent très compliquées, la colonisation bien sûr, car pour moi le Rassemblement n'est finalement rien d'autre sauf pour quelques idéalistes, et du coup sur la révolte et la servitude.

Il est aussi question de justice, d'oubli... Nous avons ici des histoires de mémoire : faut-il vouloir à tout prix découvrir le passé ? Faut-il oublier ? Peut-on accepter d'oublier ? Cela m'a fait réfléchir comme pas possible.
Ici, la mémoire, c'est la folie. 

Voilà, que dire de plus à part que le troisième et dernier tome de cette intégrale est prévu pour 2013, et que je trouve cette date bien trop lointaine. (Ah oui et la couv' d'Eric Scala pfiouuu)

Encore une fois, j'ai découvert avec Christian Léourier et les Editions Ad Astra des textes bien ficelés, captivants, qui ont su m'accrocher en deux pages, me tenir en haleine jusqu'au bout, tout en faisant bien travailler mon petit cerveau. ENCORE !


Interview de Christian Léourier chez le Traqueur Stellaire.
Interview de Xavier Dollo des Editions Ad Astra sur ActuSF.

Mes avis sur les romans du tome 1 : Ti-Harnog, L'Homme qui tua l'hiver et Mille fois mille fleuves.

Cette fois-ci, cette lecture clôture ma participation au challenge Summer Star Wars.



Lecture n°10
dans le cadre du challenge
Summer Star Wars épisode VI







CITRIQ

lundi 3 septembre 2012

Désolation : le dernier vampire de Jean Vigne

Le pitch :
Question choix malvenus, j’en connais un rayon.
Je pourrais vous parler de ce caillou tombé sur terre en juin 2067, et qui éradiqua une bonne partie de l’humanité.
Plutôt une bonne chose…
Je pourrais vous raconter mon aventure avec Laurence, une vampire rousse dont la beauté n’égale que la cruauté.
Pas mal…
Et pourquoi pas de Solange Lemère, biochimiste et initiatrice d’une hérésie : l’immortalité pour l’Homme…
Là, ça se gâte…
Et que dire de l’extinction de mes sœurs et frères vampires, empoisonnés par l’invention de Solange…
De quoi me mettre les nerfs.
De quoi me mettre en chasse.
De quoi me retrouver dans une belle merde.
Question choix malvenus, j’en connais un rayon… et ce n’est qu’un début.

Mon avis :
Pour ma première lecture chez les Editions du Petit Caveau, j'ai choisi un... post-apo (tiens !) vampirique, premier tome d'une trilogie de Jean Vigne (parfaitement lisible seul d'ailleurs), publié en juillet de cette année.

A cet instant, j'aimerais connaître le goût de la sueur, je n'ai pour moi que celui du sang.

Plutôt un bon choix pour mon retour à la lecture : une écriture qui coule toute seule malgré des tournures de phrases parfois douteuses, une intrigue sympathique, un contexte post-apocalyptique intéressant.

Jean Verger (Jean Vigne, son héros Jean Verger, humour !) est un vampire vieux de plusieurs siècles. Il assiste à la découverte d'un astéroïde se dirigeant vers la Terre, qui s'y écrase et entraîne une apocalypse qui force l'humanité à vivre sous terre. En parallèle nous suivons les femmes d'une famille sur plusieurs générations, qui joueront un rôle important dans l'Histoire.

Désolation : le dernier vampire est un thriller dans une situation post-apocalyptique. Le côté post-apo m'a plus captivée que l'intrigue policière qui est cependant bien amenée. La vie souterraine, la lutte contre les maladies, le refroidissement radical de la planète, la réorganisation des villes, et cette société que l'on pense changée m'ont permis de bien plonger dans le récit.

Les personnages, parfois caricaturaux, se révèlent tout de même attachants, notamment notre narrateur, Jean, vampire qui se veut dur et déteste les humains mais montre tout de même des sentiments très... humains !

A noter, la chouette couverture de Fleurine Rétoré qui m'a tapé dans l’œil !

Pour terminer, j'ai trouvé ce roman agréable, sympathique. Il se laisse lire, ne prend pas la tête, et m'a permis de me remettre en douceur dans le bain ;-) Je lirai le prochain avec plaisir !




mercredi 29 août 2012

Nous sommes un monstre de Jérémi Sauvage


Le pitch :
Une disparition mystérieuse dans un Marseille débordant de poubelles ; un adolescent qui se sent différent et les entend ; Dieppe hanté par un étrange brouillard et les fantasmes de touristes parisiens ; un enfant-zombie désireux de se venger ; les conséquences du bug de l’an 2000 ; la terreur indicible d’une catastrophe nucléaire ; le danger que représentent des vampires-mutants ; Jeanne d’Arc qui se réincarne en Vlad Tepeš pour repousser définitivement les Anglais hors de Normandie ; une momie réglant ses comptes 2500 ans après sa mort ; une banale histoire d’amour lesbien sur le point d’exploser ; et, bien entendu, le monstre que nous sommes tous.

Mon avis :
Ce qui m'a d'abord interpelée dans ce recueil de Jérémi Sauvage paru en juin 2012 chez Malpertuis, c'est son titre : Nous sommes un monstre. Je l'ai trouvé vraiment inquiétant !

Dans ce livre, l'auteur nous présente des nouvelles où tout commence généralement de manière normale, puis l'inquiétude monte, et enfin le fantastique fait son irruption, plus ou moins prononcée.

Certaines nouvelles m'ont plus marquées que d'autres :

  • Au cœur de la falaise : son épigraphe de Stephen King est accrocheuse. Elle est tirée de It et commence ainsi "Toute une ville peut-elle être hantée ?". Dans son récit, Jérémi Sauvage imagine un cadre supérieur qui part en voyage organisé à Dieppe en Normandie. Commençant comme on se représente ce genre de périple (guide lourd, moutons qui suivent, découverte sans liberté d'un lieu...), le voyage tourne au malsain assez rapidement, jusqu'à l'apothéose dans un tunnel sous la falaise... Bien flippant !

  • Nous sommes un monstre : Cette nouvelle nous met dans la tête d'un homme qui espionne son voisin. Celui-ci, chaque soir à heure fixe, sort ses poubelles. Cela intrigue fortement le narrateur. Je vous cite juste l'incipit :
Je me suis toujours demandé s'il existait des degrés dans l'horreur.
Qu'est-ce qui est plus horrible qu'un bébé mort dans une poubelle ?
La majorité des personnes interrogées vous répondront : "Deux bébés morts dans une poubelle".
Alors qu'un bébé mort dans deux poubelles semblerait plus horrible non ?

  • Option mutant rejetée : Un jeune homme arrive dans la nouvelle propriété de ses parents aux Etats-Unis et trouve un bunker richement meublé dans le jardin. A la radio, on commence à annoncer la 3ème guerre mondiale...
  • Maurice Vaugirard, 52 ans : A l'isolement en prison, pour un crime horrible qu'il a commis, Maurice devient fou dans sa cellule et a peur chaque nuit que sa victime ne vienne se venger...

Attention, âmes sensibles s'abstenir, les récits de l'auteur sont malsains et glauques pour la plupart. Il explore les pires travers de l'humain (pédophilie, meurtre, violence, torture, SM...) et une bonne partie des nouvelles concerne des enfants.

Quelques coquilles jalonnent malheureusement la lecture, mais l'ouvrage est tout de même de belle facture, notamment la superbe et inquiétante illustration de Philippe Jozelon :


En résumé, voici un recueil à réserver à ceux qui ont le cœur bien accroché, composé de nouvelles inquiétantes et malsaines, dont j'ai bien apprécié la découverte !



jeudi 2 août 2012

Le ParK de Bruce Bégout

Le pitch :
“Peut-être est-il temps de dire, à ceux qui ne l'auraient pas déjà compris, en quoi consiste exactement Le ParK ? Le principe en est très simple. Son concepteur a voulu rassembler en un seul parc toutes ses formes possibles. Le ParK associe ainsi, en une totalité neuve, une réserve animale à un parc d'attraction, un camp de concentration à une technopole, une foire aux plaisirs à un cantonnement de réfugiés, un cimetière à un Kindergarten, un jardin zoologique à une maison de retraite, un arboretum à une prison. Mais il ne les associe pas de manière à ce que chacun de ces éléments maintienne son autonomie et continue de fonctionner à part. Il les combine entièrement, joint tel caractère à tel autre, jette des ponts, mélange les genres, confond les bâtiments, agrège les populations, intervertit les rôles.”

Mon avis :
C'est tout autant un parc d'attractions que de répulsions.

Le ParK de Bruce Bégout, aux Editions Allia, paru en 2010 est une fiction présentée sous forme de documentaire. Assez inclassable, je dirai que ce bouquin relève de la dystopie. Il est court, ses chapitres le sont aussi, et l'auteur nous offre une description sélective du ParK.

Créé par un riche homme d'affaires russe, et réalisé par un architecte misanthrope, le ParK se situe sur une grande île, et n'accueille que 100 visiteurs par jour. Ceux-ci déboursent 25 000 dollars pour la balade.

Le Park regroupe toutes les sortes de parcs que les hommes ont pu inventer. Et par parc, l'auteur entend surtout parcage. Car plus qu'une critique de notre société de consommation et des visiteurs de Disneyland, ou de la trash tv, c'est aussi une énumération de tout ce que l'humain a pu penser de pire pour parquer les animaux mais aussi ses semblables. En vrac : les camps de concentration, les zoos, les camps de réfugiés, les casinos, les ghettos, les usines... Il n'existe aucun plan pour se repérer.

Le besoin de délimitation configure notre être au mépris de notre désir d'infini.

Nous n'apprendrons pas grand chose sur les personnes prisonnières de ce ParK, ni d'où elles viennent, ni pourquoi elles sont là. Je trouve ça dommage, et en même temps, ce serait difficile à expliquer non ? Car le ParK est censé exister dans notre monde. On y rencontre même une espèce cannibale.

Ce petit livre révoltant, glauque, dénonce tellement de choses sur les travers humains qu'il serait impossible de tout citer : fantasmes secrets, consumérisme, besoin de contrôle, sadisme, masochisme, indifférence, voyeurisme... En tout cas, il pose question, sans aucun doute.

Bien sûr, après la parade, n'oubliez pas de passer dans la boutique de souvenir en partant, si vous repartez...

Viennent tout d'abord les enfants estropiés des guerres post-coloniales qui, engoncés dans leur smoking, agitent dans l'air encore suffocant du crépuscule leurs moignons mal cicatrisés d'un vert glaireux, puis des bagnards suant et claudiquant suivent des figurines animées de fées aux visages disproportionnés...


CITRIQ

mardi 24 juillet 2012

Destination Univers : anthologie Zone Franche 2012, dirigée par Jeanne-A Debats et Jean-Claude Dunyach

Le pitch :
Qui n’a pas rêvé des étoiles ?
Franchir le seuil de la lumière, foncer dans l’hyperespace par des chemins secrets, filer au cœur des astres mourants, plonger dans la chevelure des nébuleuses et s’aveugler à la lumière des supernovæ ; rêver parce que le ciel au-dessus de nous est à la fois fascinant et irrésistible. Mais la navette Atlantis a atterri et ne repartira plus, le ciel nous est désormais fermé . 
Huit auteurs ne se sont pas résignés, ils ont pris leur envol dans cette anthologie. Ils nous ont chanté les planètes lointaines et les océans spatiaux, les stations orbitales et les vaisseaux rutilants sous des étoiles inconnues. Ils ont peuplé l’univers immense de dangers incommensurables, d’aventuriers exceptionnels, d’intelligences artificielles, de civilisations oubliées et de trésors fabuleux.
Parce que, même si le ciel nous est fermé, il nous reste le rêve.
Et qu’on ne rêve jamais assez.

Mon avis : 

Les vrais grands space-operas parlent avant tout de nous, les humains, qui emportons dans les étoiles et jusqu'au bout de nos rêves nos limitations, nos frustrations et nos envies de transcendance.
J-C Dunyach et J-A Debats (Postface)

Destination Univers est l'anthologie 2012 du festival Zone Franche de Bagneux, éditée chez Griffe d'Encre. Elle est dirigée par Jeanne-A Debats et Jean-Claude Dunyach et réunit huit nouvelles de huit auteurs différents. Je l'ai reçue dédicacée grâce aux filles de Griffe d'Encre, un grand merci à elles !

La couverture d'Alexandre Dainche est superbe et donne le ton : Space-op' en avant toute. C'est aussi lui qui avait commis la couverture renversante de Loar de Loïc Henry. Et cerise sur le mac do, un chouette marque-ta-page accompagne le livre.

----------------------------------------------

*Les Tiges - Thomas Geha
Superbe nouvelle dans l'univers des chiffonneurs pour commencer ce recueil ! Mélange de space-op', post-apo, rencontre du 3ème type et sentiments humains, c'est une belle réussite. 
Et surtout, quel univers reste à explorer ! Thomas nous donne des éléments qui nous font encore plus nous questionner : qu'est-il arrivé sur la Terre, qui sont les Ailaidarlis... Cela mérite un développement d'importance.
Du même auteur sur Un papillon dans la Lune : La Guerre des chiffonneurs (roman space-op'), Les Créateurs (nouvelles fantastiques), Nouvelles chez Astéroïde (nouvelles SF). 

*Évaporation et sublimation - Anthony Boulanger
Comme son titre l'indique, voici une nouvelle très poétique. Il y est question d'oiseaux de feu immenses, de batailles galactiques perdues d'avance et d'humains, qui comme à leur habitude ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Très beau texte, émouvant !

*Le bal des méduses - Célia Deiana
Cette nouvelle est un voyage spatial sur l'enfance, les illusions perdues ou encore les peurs enfantines. La Mer de Chair est très effrayante, rien que son nom est d'ailleurs... Berk ! L'auteure a construit une atmosphère bien anxiogène !

*Sleeping Beauty - Anne Fakhouri
L'auteure m'a fait une dédicace du tonnerre. En une phrase elle a vendu sa nouvelle : Une aventure de cowboy dans l'espace. Et c'est exactement ce que c'est  ! Ce récit est une guerre de saloon à l'échelle de l'univers, mais aussi l'histoire d'une relation très forte entre un père et son fils.
De la même auteure sur Un papillon dans la Lune : Narcogenèse (Thriller fantastique)

*Le gambit de Hunger - Olivier Gechter 
Voici une partie d'échec à l'échelle humaine dans l'espace, entre Amy, chasseuse de primes et Hunger le pirate le plus recherché des galaxies, doté de dons psychiques impressionnants. Et tout cela sans compter Hya l'IA (j'adore !) qui elle aussi avance ses pions... Un récit psychologique efficace !

*Le marathon des trois lunes - Aurélie Ligier
Cette jeune auteure a écrit ma nouvelle préférée du recueil ! C'est un texte comme je les aime, dur et sans espoir. Le ton est donné dès le début. Le marathon est un genre de "Marche ou crève" dans lequel les participants sont des personnes qui suite à un fléau mortel ont été cryogénisées pour stopper l'avancée de la maladie. Maladie extrêmement contagieuse, déclenchée sur un vaisseau de colons et qui rend les gens ultra-violents, limite zombie. A leur réveil, on ne leur demande pas leur avis, ils sont lancés dans la course. Le gagnant aura bien sûr tout ce qu'il veut, les perdants survivants seront envoyés combattre dans un conflit mystérieux. Ceux qui atteindront la ligne d'arrivée seront aussi... guéris ! Un récit sanglant que j'ai adoré !
Aurélie Ligier prépare actuellement son premier roman, et j'avoue avoir hâte de le lire s'il est de cette trempe.

*Les Dieux Bruyants - Laurent Genefort
Les pilas, minuscules créatures tentaculaires, vivent dans la forêt, en symbiose avec la nature, depuis des milliers d'années. Ils communiquent en changeant de couleur, et tressent leur Histoire dans les arbres. Une rumeur affirme que plus loin sur la planète, dans une grande clairière, vivent des Dieux Bruyants venus du ciel. Deux amis pilas décident d'aller les rencontrer malgré les réticences, voire les avertissements de leurs compatriotes... C'est un texte original et coloré, mais aussi un peu triste, que nous livre Laurent Genefort, dans le monde des portes de Vangk.
Du même auteur sur Un papillon dans la Lune : Points chauds (SF), Mémoria (Space-op'), Le sang des immortels (Planet-opera)

*Le Khan Mergen - Olivier Paquet
Seconde révélation pour moi dans ce recueil : Olivier Paquet et son Melkine. Sur la planète Aral, les cités se déplacent sur des pattes géantes. Oulan-Bator en fait partie. Kushi, parti de la ville il y a 8 ans pour étudier sur le fabuleux vaisseau Le Melkine, y revient pour chercher une jeune fille qui a réussi les tests et doit à son tour rejoindre les étoiles. Seulement les choses ont changé dans la cité, le conditionnement s'est durci et les étoiles ont disparu...
C'est un superbe récit sur fond de culture mongol que nous offre l'auteur, qui m'a conquise !

Le Melkine est d'ailleurs le titre du premier tome de sa future trilogie space-opera chez L'Atalante, que je compte bien me procurer à sa sortie.

--------------------------------------------------

Que de découvertes dans ce recueil, j'ai pris un grand plaisir à lire toutes ces nouvelles d'une excellente qualité, qu'elles soient humanistes, violentes, tristes ou poétiques. Cette anthologie est une réussite ! J'attends maintenant les futurs romans d'Aurélie Ligier, d'Olivier Paquet et bien sûr de Thomas Geha. Et puis de Laurent Genefort. Et puis d'Anne Fakhouri... Enfin allez-y, écrivez tous, je lirai !


Vous pouvez lire en ligne le début de chaque nouvelle. 

Les auteurs sont en interview sur le blog de Jeanne-A Debats !



Lecture n° 6
Dans le cadre du challenge 
Summer Star Wars épisode VI

CITRIQ

jeudi 12 juillet 2012

Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps de Laurent Queyssi

Le pitch :
A Hollywood, un scénariste de série télévisée affronte un de ses collègues en duel. L’enjeu : la suite de leur histoire. L’arme choisie : une borne d’arcade de Pac-man.
Dans la banlieue infinie d’Alex et Marc, tout le monde est affilié à une marque et le gigantesque centre commercial représente la source de toute vie. Seule solution pour des ados privés du futur promis, trouver une drogue synthétisant le sense of wonder.
Sugarmaim, le groupe mythique des années 1990, se reforme sur fond de conspiration extraterrestre. Quel rapport entre le rock’n'roll et les civilisations galactiques qui nous observent ?

Mon avis :
Je dois dire que le titre de ce recueil de Laurent Queyssi, publié chez ActuSF, m'avait dissuadée de le lire. Pourquoi ? Parce que pour moi, mi-temps = foot. C'est bête hein ! Heureusement Lhisbei est passée par là et m'a bien affirmé qu'il n'y avait pas de sport dans ce bouquin. A part la partie de Pac-Man, mais je ne sais pas si ça compte.

Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps est un recueil de nouvelles SF, avec des idées SF, et ça j'aime !

Commençons par le début : la couverture est toute chouette, à la Pac-Man, signée Greg Vezon.

Ensuite, la préface de Xavier Mauméjean : Alors là, j'ai pas tout suivi, c'est une succession de citations, on sent bien que l'auteur du recueil est apprécié de celui de la préface, mais est-ce que cela apporte vraiment au lecteur qui ne connait pas personnellement Laurent Queyssi ?

Entrons enfin dans le vif du sujet. On retrouve huit nouvelles dans ce bouquin, dont une inédite, toutes d'inspiration très fortement SF. L'auteur écrit dans un style direct très plaisant. - Attention présence de gros mots -

Sense of wonder 2.0 est une nouvelle sur des jeunes dans un quartier pavillonnaire (le QP), dont la vie tourne autour du Centre (commercial). Dans cette société, chaque personne est liée à une marque par contrat à vie. Les Nike tabassent les Adidas. Voyez le genre ! Ils courent après une drogue qui synthétise le sense of wonder. On retrouve dans ce récit pas mal de références SF, de la violence et une superbe description du sense of wonder, sur lequel soit dit en passant je ne m'étais jamais posée de question.

Un truc inexplicable, qui te transporte, qui te laisse la mâchoire pendante.
(à lire, toute la page 22)

Fuck City est une nouvelle tout aussi SF, sur les univers parallèles, qui m'a paru un peu moins originale. Disons que malheureusement l'action était prévisible. Cela reste cependant une très bonne histoire avec son personnage principal assez désabusé.

Et l'hélico explosé se rapproche. [...] Il tombe et tombe encore, droit vers ma gueule.

Comme un automate dément reprogrammé à la mi-temps est un récit plutôt étonnant, et bourré de références aux séries américaines. Coup d'bol, c'est mon truc ! Donc quand Laurent Queyssi me parle de la fin affligeante de la série Lost, je le comprends parfaitement. Dans cette nouvelle, un scénariste en défie un autre pour savoir comment finira la série dont ils ont la charge. C'est le moyen choisi qui est spécial ! J'ajouterai que la présence de huit notes de bas de page (dont une d'une page entière), pour une vingtaine de pages de nouvelle, est assez marrante et plairait certainement beaucoup à Jeanne-A Debats.

[Ils] n'ont aucune idée de la raison pour laquelle la fin de Lost est aussi merdique. La solution de cette dernière énigme se cache d'ailleurs au cœur d'un secret, bien plus vaste, un de ces rituels dont seuls ceux qui ont déjà participé à l'écriture d'un pilote connaissent l'existence, les duels.

La scène coupée (Fantomas, 1963) m'a moins accrochée, certainement parce que je ne suis pas familière du personnage (honte sur moi). Dans ce récit, le vrai Fantomas prend la place de Jean Marais sur le tournage du film, et il est vraiment très méchant.

Une fois encore le génie du mal allait tuer et voler en toute impunité.

707 Hacienda Way est une nouvelle dickienne, d'ailleurs les fans auront reconnu l'adresse (pas moi, j'ai dû aller vérifier !). Laurent Queyssi et son co-auteur Ugo Bellagamba imaginent ici que Jane, la défunte jumelle de Philip, est celle qui a survécu, et que c'est elle qui écrit les romans de Dick, mais tous féminisés (Ubika ou la Maitresse du Haut-Château par exemple !). Un fan lui rend visite, et elle lui avoue qu'elle a l'impression que l'une de ses oeuvres ne lui appartient pas vraiment : La sauterelle pèse lourd...

C'était un quartier résidentiel miteux, lotissement californien typique. 707.

Rebecca est revenue est une nouvelle que j'ai beaucoup aimée. On y rencontre un jeune homme et sa petite amie Rebecca. Dans cette société, on ne peut voyager physiquement qu'une seule fois dans sa vie, pour s'installer quelque part. Les autres voyages sont virtuels et ont lieu dans un coffre, grâce à un logiciel nommé Vibis. J'ai du mal à imaginer d'être restreinte toute ma vie à rester dans mon village... Rebecca aussi. La première expérience de son petit ami dans le coffre est particulièrement flippante. Entrer dans l'âge adulte n'est jamais simple.

L'absence de repère est totale. Le silence complet.

Planet of sound, co-écrite avec Jim Dedieu, est malheureusement la nouvelle dans laquelle j'ai été incapable de rentrer. J'ai pu remarquer depuis quelques temps mon inaptitude à entrer dans les récits sur les groupes musicaux en tout genre. Tant pis pour moi !

Nuit noire, sol froid nous présente une idée SF classique mais joliment traitée : le vaisseau générationnel. L'histoire débute au moment où, après des siècles de vol spatial, les habitants du vaisseau trouvent enfin une planète habitable. La caste des Raconteurs, chargée de conter l'Histoire du peuple aux autres passagers, possède un lourd secret, qui ne sera dévoilé qu'une fois sur la planète. Dark was the night, cold was the ground de Blind Willie Johnson, qui inspire donc directement le titre, est une des 27 chansons qui fut envoyée sur la sonde Voyager. L'auteur nous offre une fin étonnante.

En bref, voici un recueil qu'on peut estampiller "Real SF inside", auquel il manque juste une petite chose à mon avis : une bibliographie de Laurent Queyssi !


L'avis de Lhisbei.
Lelf en parle rapidement dans son bilan du 1er trimestre.


CITRIQ

jeudi 21 juin 2012

Révolutions de Franck Ferric

Le pitch :
Ici Farley, et je prends ce jour mes quartiers à bord du M2P2-03  « Pan » . Nous avons décollé de la base de Paxos, Grèce, il y a quelques minutes et nous voilà partis pour un voyage qui nous amènera jusqu’à la station Olympia, dans la proche banlieue de Vénus [...] Bryukhonenko est venue me trouver dans l’atelier. C’est une gentille petite brune, Bryukhonenko. Et un bon toubib. J’aurais bien aimé qu’elle soit venue chez moi pour discuter un peu, mais en réalité...

Mon avis :
Révolutions est une nouvelle de Franck Ferric parue aux défuntes Editions Souffle du Rêve. Elle fait partie de la collection Exoterre, totalement dédiée aux short stories, dans laquelle on retrouve notamment Ursula Le Guin, Corinne Guitteaud, Sylvie Denis ou encore Lorris Murail. Malgré la disparition de la maison d'édition, certains ouvrages sont toujours disponibles. Attention, il ne faudra pas être surpris par l'aspect "fait maison" des livres. Cela n'enlève rien à la qualité des textes.

Dans le futur, la Terre est sur le déclin, Mars est devenue un repaire d'activistes. Pete Farley embarque en tant qu'électromécanicien sur le Pan, premier cargo à voiles jamais conçu, en direction de la station Olympia, proche de Vénus. Ce texte est son journal de bord personnel. Le vaisseau étant poussé par les vents solaires et alimenté par les champs magnétiques, Farley s'attend à une traversée "relax". Le vaisseau transporte des hibernants vers un trou de ver (qui ne s'ouvre que tous les 33 ans) débouchant sur une planète paradisiaque à l'autre bout de la galaxie.

Comme d'habitude, Franck Ferric nous offre un style fluide et agréable à lire

J'ai trouvé les personnages très bien campés pour un texte aussi court. Heureusement, puisque pas mal de tensions vont s'installer dans l'équipage, à cause du contexte et des forts caractères...

L'auteur mêle joyeusement mythologie et voyage spatial. Son vaisseau s'appelle Pan, ce dieu ressemblant à un bouc qui avait "la capacité de faire perdre leur humanité aux personnes paniquées". D'ailleurs le vaisseau lui-même est décrit comme ceci :

Quand elles sont totalement déployées, les voiles enroulées sur elles-mêmes font comme les deux grandes cornes d'un titanesque bouc fantôme.

Ces références m'ont rappelé la lecture de ses Tangences divines.

La narration à la première personne, que j'affectionne toujours autant, permet à l'auteur de faire preuve d'humour, et j'ai particulièrement aimé le passage du jogging dans la centrifugeuse :

J'étais donc là, à courir le long des deux cents trente mètres de piste [...] en m'imaginant être autre chose qu'un hamster sur deux pattes trottant dans sa roue...

Allez, j'ose aussi vous parler de la jolie métaphore scatologique qui court tout au long du récit. Cela commence par la panne des toilettes... A vous de découvrir le reste !

En bref, voici une nouvelle courte, agréable à lire, avec une vraie intrigue et des personnages construits (en peu de temps). Une balade dans l'espace que je vous recommande. (enfin, en lecture !)




Lecture n°1 
dans le cadre du challenge 
Summer Star Wars Épisode VI


CITRIQ

Pages vues