samedi 5 novembre 2011

♥♥ 188 contes à régler de Jacques Sternberg

Le pitch :
Les extraterrestres ? Trop différents de nous pour qu’une quelconque communication soit possible, ou trop semblables à nous pour exciter notre curiosité.
Les planètes étrangères ? Piégées.
Les objets ? Suspects.
Le temps ? L’espace ? Sujets à d’étranges sautes d’humeur.
Les humains ? Pollueurs, prétentieux, belliqueux, avides de profits et de records, vulgaires, rongés par l’ennui, mortels dans tous les sens du terme.
Et Dieu dans tout ça ? Tranquillement sadique.
En 188 contes-gouttes, Jacques Sternberg décline ses haines et ses dégoûts sur le seul monde qui trouve grâce à ses yeux : l’absurde, l’humour noir, le sarcasme glacé.

Mon avis :

"Une bibliothèque, c'est un des plus beaux paysages du monde"
 
Juste pour le plaisir de vous faire partager un de mes livres préférés, voici un recueil de nouvelles de Jacques Sternberg. Son mot d'ordre : un humour glaçant !

Découvert pendant mon adolescence, grâce à mon papa qui m'a fait baigner dans la SF depuis toute petite, ce Présence du Futur (maintenant disponible chez Gallimard en Folio) est un bijou ! Percutant, le style de Sternberg ne laisse pas indifférent et touche à l'essentiel sans fioriture. Les nouvelles sont la plupart du temps ultra-courtes. La plus brève fait une phrase, la plus longue quelques pages.

Je vous livre ma nouvelle préférée, d'une ironie incontestable, et franchement ça m'éclate :

La poussière
Dieu était arrivé à bout de ses peines quand il pensa à celles qu'il réservait à l'homme récemment créé et il fut assez satisfait de les résumer en affirmant : « né de la poussière, tu seras destiné à redevenir poussière. » Et pour peaufiner le sadisme de sa trouvaille, il donna à l'homme la conscience de n'être que poussière et l'intelligence d'inventer un jour l'aspirateur.

Jacques Sternberg a vécu la seconde Guerre Mondiale, durant laquelle son père a été déporté et tué. Son écriture grinçante nous fait ressentir son traumatisme, les thèmes des horreurs de la guerre et de la perte de la foi étant récurrents dans ses histoires, à l'image de ce pape qui ayant finalement la possibilité de voyager dans le temps, choisit d'aller réconforter les déportés avant qu'ils n'entrent dans les chambres à gaz...

Il critique ouvertement la société de consommation et prévoit même la crise dans plusieurs de ses textes, au nombre desquels on peut citer Les finances :

"...Mais la bagnole, cette gnôle de l'homme moyen, ne trouvait plus d'acheteurs. L'argent était devenu trop difficile à gagner pour le mettre dans du superflu et ceux qui possédaient une vieille voiture n'avaient plus de quoi mettre du carburant dans leur moteur..."

Cela vous rappelle quelque chose ?

Sternberg aime aussi parler des femmes, humaines ou pas, de leur sexualité, de leur absence... Oui, il y a du cul dans 188 contes à régler. Et des planètes lointaines !

Les deux éditions du livre sont illustrées par Roland Topor, qui a su capter le désespoir et la noirceur dans les textes de l'auteur, et nous les retranscrire en image de façon brutale.


Le petit précis d'histoire du futur qui termine le recueil est un régal à lire, et clos parfaitement ce bouquin indispensable dont je relis régulièrement quelques pages !



Baroona l'a lu !

9 commentaires:

  1. Commandé direct !!!!!

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  2. Je me porte garante, tu vas kiffer

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  3. Indispensable en effet ! :)
    Ne pas oublier les autres ouvrages de l'"écrivain.

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  4. Tu as un favori à nous conseiller ?

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  5. Cool, j'te fais confiance ;-)

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  6. OK : Chef d'Oeuvre ABSOLU !!!!!!!
    Grand Merci ^^

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  7. Je viens de créer un challenge sur les contes ! Je note ce livre !

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  8. Bonjour Catherine, ce ne sont pas vraiment des contes, plutôt des nouvelles. Aucun des codes du conte dans ces histoires ;-)

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