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samedi 26 janvier 2013

Lune lit des nouvelles #1 : e-Bélial'

Le pitch :
A contre-courant de ce qui se fait sur le marché naissant du livre électronique, Le Bélial' fait le pari d'une plateforme de vente de livres électroniques où auteurs, libraires et lecteurs trouveront leur compte, avec des prix adaptés, des livres sans DRM et une grande facilité d'utilisation.
Les prix indiqués sont un minimum, mais vous êtes libre de fixer vous-même votre prix si vous souhaitez soutenir l'auteur ou la maison d'édition. Certains livres et nouvelles vous sont même proposés à un prix plancher de 0,00 € : à vous de fixer le prix qui vous semblent correct ou de les télécharger gratuitement.

Mon avis :
J'inaugure cette petite rubrique, un peu inspirée des Miscellanées de nouvelles de Lhisbei, je l'avoue. Elle me permettra de regrouper des nouvelles "uniques" par thème, par éditeur ou juste comme ça si je veux d'abord.

Aujourd'hui, je m'attaque à trois nouvelles numériques gratuites (ou pour lesquelles vous pouvez donner une contribution de votre choix) du Bélial', normalement disponibles (mais pour un temps limité) sur leur plateforme e-Bélial. Leur philosophie est là-haut dans le pitch, je résume pour les feignants : pas de DRM, utilisation très simple, choix du prix (celui indiqué étant le minimum), et les fichiers téléchargés restent disponibles dans votre compte Le Bélial' à tout moment et sans limite de temps !

Nous allons donc parler de La Mère des mondes de Jean-Laurent Del Socorro, d'En sa tour, Annabelle de Claude Ecken et de Compte-rendu de certains événements survenus à Londres de China Miéville, cette dernière étant malheureusement "épuisée", c'est-à-dire indisponible (oui ça fait bizarre un fichier numérique "épuisé" !). Les titres sont cliquables et vous emmènent directement sur la page où vous pourrez les télécharger (ou pas du coup).

mardi 6 décembre 2011

The City & The City de China Miéville


Le pitch :
Les habitants de Besźel et d'Ul Qoma, villes doubles partageant le même territoire, ont interdiction absolue d'entrer en contact avec leurs voisins. La moindre infraction à cette règle déclenche l'intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l'efficacité impitoyable. Quand le cadavre d'une inconnue est découvert dans un terrain vague de Besźel, l'inspecteur Tyador Borlu comprend vite que ses ennuis ne font que commencer. Non seulement la jeune femme, étudiante en archéologie, a été tuée à Ul Qoma, mais ses recherches inquiétaient jusqu'aux plus hautes sphères. Et menaçaient de mettre en danger l'équilibre précaire entre les deux villes...

Mon avis :
On peut dire que le résumé de ce roman publié au Fleuve Noir a tout de suite capté mon attention ! Pourtant je ne me rendais pas encore compte de toutes les implications de ce postulat étrange : deux villes occupent le même point géographique, elles sont comme superposées.
 
Comme dit plus haut, Borlù, un policier intègre, mais surtout tenace, enquête sur le meurtre d'une étudiante américaine en archéologie retrouvée morte à Besźel, mais qui vivait à Ul Qoma. Ces deux villes ont beau être en une même localisation, elles n'en sont pas moins dans deux pays différents. Ce qui entraîne des contraintes incroyables pour leurs habitants au quotidien, qui ont pour obligation de s'éviser. Subtil mélange, vous l'aurez compris, entre les mots éviter et vision. Ils peuvent aussi s'inouïr... Sans compter qu'ils doivent aussi éviter de se rentrer dedans. En cas d'infraction à cette loi, la Rupture, sorte d'autorité suprême, s'occupe du contrevenant, de manière souvent radicale. La pression que subissent les habitants est palpable.

Une vieille dame s'éloignait lentement, d'un pas bancal, pataud. Elle a tourné la tête vers moi. Comme sa démarche m'avait frappé, j'ai croisé son regard. Voulait-elle me dire quelque chose ? [...]
Un sursaut violent : je m'étais rendu compte qu'elle n'était pas du tout sur GunterStràsz, et que je n'aurais jamais dû la voir. Aussitôt, mortifié, je me suis détourné...

L'enquête est prenante, grâce à/malgré la place que prennent les deux cités dans le récit. J'adore les histoires de villes kafkaiennes, et pour le coup j'ai été servie. Miéville crée un univers complexe avec sa politique, son Histoire, et a le chic pour nous mettre dans la peau des citadins et nous faire ressentir la pression qu'ils subissent. Parmi mes villes insensées et sans issue (dites-le plusieurs fois à voix haute, c'est drôle) préférées, je vous citerai Retrocity ou encore celle du superbe roman de Paul Auster Le voyage d'Anna Blume.

Il est bon de noter que quelques touches d'humour et de sympathiques clins d'oeil jalonnent la lecture, nous accordant un peu de répit. 

- Ne partez pas, ai-je conclu. Je reviendrai.
Aikam avait reconnu l'expression, bien que je l'aie dite en anglais. Il a souri, et je l'ai répétée à son intention en imitant l'accent autrichien. Yolanda n'a pas saisi.

China Miéville a reçu de nombreux prix pour cet ouvrage, dont le prix Hugo du meilleur roman 2010 et le prix Arthur C. Clarke 2010 pour ne citer qu'eux.  

The city & the city se révèle finalement un ouvrage complexe mais prenant. C'est un livre auquel il faut commencer par s'accrocher avant de finir totalement happé par le récit.

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