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mercredi 23 janvier 2019

Transcription de Kate Atkinson

"Il était clair qu'on voulait qu'elle soit un pion dans cette partie. Mais je suis une reine, se dit-elle. Je peux me déplacer dans toutes les directions."

Transcription est le dernier roman en date de Kate Atkinson. Publié chez Lattès, c'est un récit historique et d'espionnage (et pas du tout de la SF, pour info, mais c'est bien quand même !) qui se déroule pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, à Londres.

1940.  Juliette Armstrong, une très jeune femme est recrutée par un  obscur département des services secrets anglais. Son rôle consiste à transcrire les conversations de drôles de sympathisants anglais au nazisme.  Une tâche bien monotone mais qui deviendra terrifiante.

À  la fin de la guerre, devenue productrice à  la BBC, la voilà étrangement confrontée aux fantômes de son passé. Une autre guerre se joue là sur un terrain diffèrent et Juliette est à nouveau exposée.  Tout se paie, Juliette commence à se rendre compte que tout acte a ses conséquences.

Un roman addictif alors même qu'il n'y pas tant d'action que ça. Étonnant mais réussi !

jeudi 23 janvier 2014

♥ Nosfera2 de Joe Hill

Nosfera2 m'est tombé dessus à travers ma boîte aux lettres. Il m'a été envoyé par un pont onirique par Cornwall, suite à un précieux conseil moyennement subliminal de Simon de la librairie Critic. Le dernier roman de Joe Hill, auteur par ailleurs de Cornes (son second roman, moins à mon goût, mais bon quand même), ou encore des imaginatives BD Locke & Key, est publié chez JC Lattès.

Il suffit que Victoria monte sur son vélo et passe sur le vieux pont derrière chez elle pour ressortir là où elle le souhaite. Elle sait que personne ne la croira. Elle-même n’est pas vraiment sûre de comprendre ce qui lui arrive. Charles possède lui aussi un don particulier. Il aime emmener des enfants dans sa Rolls-Royce de 1938. Un véhicule immatriculé NOSFERA2. Grâce à cette voiture, Charles et ses innocentes victimes échappent à la réalité et parcourent les routes cachées qui mènent à un étonnant parc d’attractions appelé Christmasland, où l’on fête Noël tous les jours ; la tristesse hors la loi mais à quel prix… Victoria et Charles vont finir par se confronter. Les mondes dans lesquels ils s’affrontent sont peuplés d’images qui semblent sortir de nos plus terribles cauchemars.

lundi 2 juillet 2012

Cornes de Joe Hill

Le pitch :
Au début, Ig croit que les cornes sont une hallucination, celle d’un esprit malade, rongé par la colère et le chagrin. Cela fait un an que Merrin Williams, sa bien-aimée, a été violée et tuée dans des circonstances inexplicables. Depuis, reclus dans sa solitude, il vit un enfer, et il a plus de raisons qu’il n’en faut pour sombrer dans la dépression. Pourtant les cornes sont on ne peut plus réelles.

Mon avis :
A l'occasion d'une intervention sur la littérature fantastique de Simon, libraire et éditeur chez Critic (Rennes) sur mon lieu de travail, celui-ci m'a vivement conseillé de lire le dernier roman d'un auteur qui monte : Joe Hill.

Et donc, voici Cornes, édité fin 2011 chez Lattès. C'est un roman noir mâtiné de fantastique.

Ignatius, dit Ig, a perdu sa petite amie Merrin. Elle a été violée et tuée dans des circonstances qui restent, un an plus tard, non élucidées. Ig est bien sûr le suspect n°1 et toutes les preuves qui auraient pu le disculper ont été détruites. A la date anniversaire de la mort de Merrin, Ig se prend une cuite monumentale, et se réveille sans aucun souvenir de sa nuit. Mais avec des cornes sur la tête.

Mais alors qu'il tanguait au-dessus des toilettes, il jeta un coup d’œil au miroir du lavabo
et vit qu'une paire de cornes lui était poussée durant son sommeil.
La surprise fut telle qu'il vacilla et, pour la deuxième fois en douze heures, se pissa sur les pieds.

Dès lors, toutes les personnes qu'il va croiser n'auront de cesse de lui raconter leurs péchés et autres secrets inavouables. Ne serait-ce pas enfin le moyen de retrouver l'assassin de Merrin ?

Ce roman est diabolique ! L'auteur nous fait partager le désespoir et la déchéance d'Ig, ce jeune homme de bonne famille, auparavant sage et croyant, sur qui le malheur s'est abattu et qui possède maintenant toutes les caractéristiques d'un démon.

Je dois dire que les scènes de "confessions" sont particulièrement dérangeantes pour Ig, mais surtout jouissives pour le lecteur. Je pense notamment aux aveux des membres de sa famille. Imaginez que vous sachiez exactement ce que vos proches pensent de vous, sans aucune inhibition ? (Ou l'inverse...) Pas marrant hein !

C'est ton tour, déclara Ig. Déballe-moi ce truc abominable que tu gardais pour toi.
ça me concerne sûrement. Vas-y, qu'on en finisse.

Joe Hill a un style fluide, et nous offre tout au long de l'histoire des flashbacks qui permettent de progressivement reconstituer le puzzle. Les détails ne sont jamais anodins et l'humour - noir évidemment - est bien présent.

Alors, où se situe la frontière entre le bien et le mal ? Les choses sont-elles toujours toutes noires ou toutes blanches ? L'auteur nous plonge dans ces nuances de gris qui caractérisent l'humain.

Des références musicales et littéraires ponctuent  la lecture, comme une certaine scène, plutôt horrible, dans un champ de maïs... J'y ai vu, pour ma part une référence à Stephen King. En effet, pour ceux qui l'ignorent, Joe Hill est le digne fils de son père.

Comme le dit Simon sur le Blog-notes de Critic : "Ah, oui, Joe Hill est le fiston de Stephen King. Mais, vous savez quoi, on s’en fout. Dans quelques années, Stephen King sera le père de Joe Hill." Il y a encore du chemin à parcourir pour en arriver là, mais c'est tout le mal que je lui souhaite, car ce roman est réellement une noire mais belle surprise. 

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