dimanche 28 juin 2015

Avaler du sable d'Antônio Xerxenesky

Avaler du sable d'Antônio Xerxenesky est un court roman, un western entre littérature blanche et fantastique, publié aux Éditions Asphalte.

Mavrak est une petite ville du Far-West peuplée de pistoleros et de filles de joie, située au milieu d'un désert de sable brûlant. Ici, la sobriété est déraison. Depuis toujours, deux familles, les Marlowe et les Ramirez, s'opposent en une rivalité assassine. Celle-ci se voit bientôt ranimée par le meurtre lâche d'un des fils Ramirez. D'autant qu'un shérif est envoyé à Mavrak pour faire régner la justice dans cette zone de non-droit.
Les haines ancestrales vont se déchaîner, jusqu'à provoquer la résurrection des morts dans une atmosphère de fin du monde pleine de sable et de sang.

Avaler du sable est une expérience, tant pour le lecteur que pour son auteur. Premier roman, c'est un western court, assez aride, mais ponctué de moments poétiques.

Xerxenesky a décidé d'en faire une fiction dans la fiction. En effet l'histoire de Mavrak est racontée par le narrateur, c'est celle de ses ancêtres. Et ce narrateur s'octroie quelques chapitres sur son quotidien, entrecoupant le récit principal. Par exemple quand son ordinateur plante, d'étranges signes apparaissent dans l'histoire, cachant les propos des personnages. Il a aussi des doutes, et sort donc boire un verre avec son meilleur ami. Ainsi Avaler du sable devient l'histoire de Mavrak racontée par son narrateur qui lui-même finit par évoquer un jeune auteur qui écrirait son histoire à lui...

Pour ma part j'ai trouvé l'intrigue western prenante, d'autant que Xerxenesky expérimente divers styles narratifs (théâtre, monologue, pendant une scène d'action deux colonnes parallèles avec les pensées d'un personnage par colonne...) et nous offre quelques paragraphes magnifiques :

"Du sable dans les dents. La pire sensation qu'il connaisse. C'était sentir le temps dans son corps, le sentir si proche, irréfutable. Prendre conscience qu'un jour, peut-être très bientôt, lui, Juan, serait sous ce sable, enterré pour toute l'éternité. Oublié."

Par contre, l'idée de faire intervenir le narrateur m'a moyennement plu. Même si on sent bien qu'il s'interroge sur ses racines, sur les liens père-fils, c'est comme si Xerxenesky avait décidé de faire en direct l'auto-critique de son roman. C'est parfois lourd. Il nous inflige un passage un peu trop enflammé sur le sable, pour pouvoir mieux le descendre lui-même dans le chapitre suivant. Je n'ai pas été convaincue par cet aspect de l’œuvre.

La fin est par contre une apothéose, très George Romero, que j'ai beaucoup appréciée, bien que trop rapide. 

Pour résumer, Avaler du sable d'Antônio Xerxenesky est un court roman, un western entre littérature blanche et fantastique, publié aux Éditions Asphalte. C'est une expérience sympathique, mais qui ne m'a pas entièrement convaincue à cause des différents niveaux de narration de prime abord amusants, mais finalement un peu lourds. Cependant l'intrigue western est prenante et aurait peut-être mérité d'être plus développée, essentiellement pour la fin.
 
L'avis de Cornwall

Avaler du sable
d'Antônio Xerxenesky
Editions Asphalte - février 2015
178 pages
Traduit du portugais (Brésil) par Mélanie Fusaro
Papier : 15€


Lecture n°2 dans le cadre du
challenge Summer Short Stories of SFFF

Lecture n°8
dans le cadre du Zombies challenge
de La Prophétie des Ânes 

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