samedi 9 juin 2012

↓ Pop et Kok de Julien Péluchon

Le pitch :
Fin du XXIIe siècle. La Terre est dévastée. Tout n'est plus qu’éboulis, friches et terrains vagues contaminés où zonent barbares, zombies et bêtes sauvages. Pour survivre et s’élever socialement, Pop et Kok, deux irréductibles optimistes, sortes de Bouvard et Pécuchet de l’apocalypse, montent des petites entreprises minables qui échouent non moins minablement. Ils ont des amours lamentables, défendent leur peau contre les barbares.
Comment continuer de plaire, d'aimer et envisager une relation stable au milieu des décombres radioactifs ? Que faire de ses proches quand ils deviennent zombies ? A quoi ressemble le bonheur après la fin du monde ? Telles sont les questions vitales qui jalonneront l'existence de Pop et Kok, des ruines de Rouen au rivage désolé de la Manche. Tout ça finira mal, on s’en doute.

Mon avis :
Quand Mr Malevil m'a annoncé qu'un post-apo zombie était paru Au Seuil, j'ai eu du mal à comprendre. Pop et Kok de Julien Péluchon a été publié en février 2012, dans la collection Fiction & Cie du Seuil.

Ensuite je l'ai lu, et tout s'est expliqué ! Ceci n'est pas un roman de zombie.

Pop et Kok sont devenus amis après la catastrophe que l'on nomme Le Souffle, sorte de nuage bleu qui s'est abattu sur l'Europe et a transformé en zombies et barbares une partie de la population, en tuant une autre et en épargnant une faible proportion. Depuis les survivants tentent de mener une vie à peu près normale mais qu'on imagine assez moyen-âgeuse malgré la bonne idée d'utiliser les zombies pour remettre en route les centrales électriques (ça pédale bien un mort-vivant). Une bourgeoisie est apparue, les aurivergistes, dont les origines sont assez abracadabrantesques comme dirait un monsieur qui aime les pommes. A côté de ça les pauvres dépérissent.

Bon alors, y a du zombie dans ce bouquin, alors pourquoi Lune tu dis n'importe quoi ?

Pour moi le contexte post-apo de ce roman n'est qu'un prétexte à parler de l'humain, de la société, des difficultés des relations humaines, amoureuses, amicales, avec la famille... C'est une recherche du bonheur désespérée et sans espoir.

A aucun moment on ne se sent en danger en présence des morts-vivants, quasiment réduits au niveau d'animaux de compagnie à qui l'on jette des fruits secs, ou encore à celui de poids morts (ha ha !) qu'il faut entretenir. Les deux protagonistes sont des "entrepreneurs de demain" comme ils aiment à se qualifier, dans un contexte de crise économique et sociale... On assiste aussi à certaines scènes à la Plop, mais totalement édulcorées.

Pop nous raconte son histoire à la première personne, dans un carnet que lui a demandé de rédiger son chamane (son psy quoi). Pop est un commercial, qui essaie de vendre de la camelotte à des gens qui n'ont pas les moyens de se l'acheter. Et il est très malheureux.

Kok, dont l'histoire est narrée à la troisième personne, n'est que dépression et tentative de suicide. Extrêmement malheureux lui aussi, il ne trouve refuge que dans le sexe avec des femmes de passage après son divorce, et auprès de son ami Pop.

La seconde partie du roman, plus courte, relève un peu plus du post-apo, mais aussi des conditions de vie des personnes âgées et pauvres qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes.

Dans l'ensemble, j'ai apprécié ma lecture, sans trop crocher dedans, probablement parce que ce n'était pas ce que j'en attendais vraiment.


Si vous voulez lire le début du roman : Extrait 


 
CITRIQ

2 commentaires:

Tigger Lilly a dit…

C'est toujours sympa de découvrir de la SF éditée sous le label littérature générale. Une petite impression de dénicher une trésor.

Lune a dit…

Moi ce qui me dérange ce sont les auteurs qui n'assument pas d'écrire de la sf, comme mccarthy pour la route (mais je ne sais pas si c'est le cas ici)

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