samedi 29 juin 2013

Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi

Le pitch :
Fin du XXIe siècle, il n'y a plus de pétrole, la mondialisation est un vieux souvenir et la plupart des États-Unis un pays du tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferrailleur, dépouille avec d’autres enfants et adolescents les carcasses de vieux pétroliers. Le précieux cuivre récupéré dans les câblages électriques au péril de leur vie leur permettent à peine de se nourrir.
Un jour, après une tempête dévastatrice, Nailer découvre un bateau ultramoderne qui s’est fracassé contre les rochers. Le bateau renferme une quantité phénoménale de matériaux rares, d’objets précieux, de produits luxueux… et une jeune fille en très mauvaise posture.
Nailer se retrouve face à un dilemme. D’un côté, pour récupérer une partie de ce trésor et en tirer de quoi vivre à l’aise parmi les siens, il doit sacrifier la jeune fille. De l’autre, l’inconnue est aussi belle que riche et lui promet une vie encore bien meilleure, faite d’aventures maritimes dont il rêve depuis longtemps…

Mon avis :
Au dernier Masse Critique, j'avais dit sur Facebook que je n'avais rien trouvé d'intéressant en parcourant la liste quelques jours avant le lancement. Le jour J, j'y suis retournée, voir si je n'avais rien raté, et heureusement, car Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi Au Diable Vauvert était dans le tas, bien caché à m'attendre ! Vous noterez sa superbe couverture, l'objet est fortement sympathique.

Au Bangladesh
États-Unis, Golfe du Mexique, futur plus ou moins proche, Nailer est un léger, un gamin qui travaille dans les entrailles des tankers échoués pour récupérer les métaux précieux qui seront revendus aux entreprises riches d'une autre partie du monde. Une tempête tueuse de villes s'abat sur la plage et détruit tout sur son passage. Au lendemain de la catastrophe, Nailer, blessé, et son amie Pima trouvent un clipper fracassé sur les rochers : c'est pour eux un Lucky strike, la chance de leur vie, celle de sortir de leur misère. Mais seulement voilà, ils ne sont pas les seuls à convoiter ce bateau ultramoderne dans lequel ils feront une rencontre décisive.

Voici ma première lecture de Paolo Bacigalupi, dont on a tant entendu parler avec La Fille automate (qui vient de remonter sur ma PAL bizarrement). Et quelle rencontre ! Ferrailleurs des mers est un post-apo climatique, dans la lignée d'Exodes de Ligny.

En Inde, vue du ciel
Si on reconnait à divers indices que c'est un roman jeunesse, cela n'a pas pour autant affecté ma lecture au point de la trouver trop Young Adult. Certes, la typographie est assez grande, mais cela permet dévorer rapidement le récit. Les héros sont des adolescents et  leurs relations aux adultes sont évidemment problématiques : le père de Nailer, par exemple, est un drogué alcoolique ultra-violent depuis que sa femme est décédée. Ils sont aussi exploités dans les chantiers car assez petits pour se faufiler dans les conduites des tankers échoués et en ramener des métaux précieux. Nailer s'interroge sur son avenir dans ce monde où il est considéré comme un "rat des plages".

Je sais que Le Dévoreur de livres a trouvé pour sa part les rebondissements assez attendus, mais cela ne m'a pas gênée. On est dans un roman YA, les lecteurs ne sont pas forcément supposés déjà connaître les ficelles, et moi-même qui les ait vu venir, j'étais suffisamment prise par le récit pour ne pas m'en faire la réflexion trop souvent.

C'est surtout le côté post-apo qui me reste en mémoire : le contexte post-catastrophes climatiques, les nouvelles façons de survivre. Bacigalupi pense à tout, nous explique, brièvement, les nouveaux enjeux géopolitiques - Les États-Unis sont détruits... -, logistiques... Les manipulations génétiques sont aussi au programme et nous offrent selon moi le meilleur personnage du livre, pas assez utilisé à mon goût : Tool, le mi-bête.

Toujours au Bangladesh
Les décors plantés (La plage, le chantier, la ville engloutie) sont convaincants, tout comme les personnages qui ont leurs forces et leurs failles. La violence est présente, et en cela je n'ai pas ressenti le Young Adult.

Je prends finalement conscience en rédigeant ce billet que Ship Breaker, c'est un "métier" qui existe déjà, que déjà de nos jours des indiens, des pakistanais se retrouvent sur les rivages souillés par les immenses bâtiments échoués pour les démanteler au péril de leur vie...

Pour résumer, Ferrailleurs des mers est un excellent roman post-apocalyptique climatique, fermement ancré dans le réel. Paolo Bacigalupi a reçu le Prix Locus du meilleur roman jeunes adultes et il le mérite. Il anticipe un avenir effrayant pour la planète et ses habitants. C'est un post-apo comme je voudrais en lire plus souvent et il me donne encore plus envie de lire La Fille automate. Les premières pages sont à lire en ligne ici. La suite paraîtra Au Diable Vauvert en fin d'année et s'intitulera Les Cités englouties. A suivre !

Un excellent post-apo. Son côté jeunesse est léger. Son ancrage dans le réel est flippant.

Lisez aussi les chroniques forcément éclairées de Cornwall et du Dévoreur de livres ! Ainsi que celles de Xapur et Lhisbei.

D'autres post-apo climatiques sur le blog :
  • Exodes de Ligny (coup de cœur),  
  • Gaïa de Monget, 
  • GeMs de Guitteaud et Wenta.

7 commentaires:

  1. Sympa toutes ces images criantes de vérité, je n'ai pas trop lu FdM de ce point de vue :o

    Je te souhaite une bonne lecture de La Fille Automate désormais :)

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  2. Celui-ci me fait de l'oeil, mais d'une façon ! Faut dire aussi que La fille automate a été une des plus grosses claques que j'ai prise l'année dernière... :D

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  3. La fille automate est plus complexe, comme il est "pour adulte" il à plus de trames narratives.

    Les cités engloutis est je trouve un cran au dessus, il est plus violent et surtout il y a un soldat OGM assez intéressant dedans !

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  4. Ce livre est dans ma PAL et il me fait de plus en plus de l’œil. Je pense que je vais le lire très rapidement :)

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  5. Je n'arrête pas de me motiver pour le lire (YA). Bientôt, j'aurai réussi.

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  6. Ca fait envie (surtout que la fille automate me fait un peu peur niveau complexité, faudrait que je commence par celui-là)

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  7. Je le lirais si ce n'était pas un premier tome : trop de séries en cours.

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