jeudi 30 avril 2015

Comme un conte de Graham Joyce

Comme un conte est le dernier roman traduit de Graham Joyce. Suite à mon coup de cœur sur Lignes de vie du même auteur, j'ai eu envie de profiter de cette sortie pour continuer la découverte. J'en ressors avec une impression mitigée.

Tara n’avait pas seize ans lorsqu’elle a disparu sans laisser de trace. Son corps n’a jamais été retrouvé, mais dans sa famille, on a fini par se faire à l’idée qu’on ne la reverrait plus. Pourtant, vingt ans plus tard, le soir de Noël, on frappe trois coups à la porte de ses parents. Tara se tient sur le seuil. Une Tara fatiguée, sale, échevelée… mais qui n’a pas vieilli d’une ride. Elle explique sa longue absence par l’appel du voyage, mais les incohérences de son récit laissent son frère et son ancien compagnon sceptiques. La vérité qu’elle finit par leur avouer semble plus incroyable encore : elle aurait été enlevée par des fées… Entre amnésie et aliénation, à quel point le fantasme se mêle-t-il à la réalité ?

Comme un conte est un roman prenant, mais pas mouvementé. Un récit vite lu, mais qui ne va pas me marquer et qui bien que contenant de la magie, en manque un peu.

Graham Joyce nous livre l'histoire de Tara. Disparue il y a vingt ans, elle refait surface avec une explication abracadabrante qui ne va certainement pas convaincre ses parents, ni son frère maintenant père de famille. Celui-ci va même lui offrir une psychanalyse. Et Tara va s'y plier, car elle sait que ce qu'elle raconte est incroyable. Cependant, elle semble ne pas avoir du tout vieilli...

Ce roman est tout en opposition :
  • Le conte s'oppose au  raisonnement rationnel. Tara voit ses déclarations contestées par sa famille, puis par son psychanalyste, un vieux de la vieille qui décortique le "conte" de Tara pour lui donner le sens qu'il souhaite lui donner. Tout est interprétable après tout !
  • La jeunesse s'oppose à l'âge adulte. Tara prend de plein fouet cette apparente différence d'âge entre elle et ses proches, son petit ami de l'époque, etc... Pour que les adultes n'oublient pas qu'ils ont été jeunes.
  • L'homme s'oppose à la femme. J'ai trouvé les personnages de ce récit assez caricaturaux : le frère protecteur, la femme mère poule et compréhensive (idem pour la mère), l'ado qui joue avec un fusil et les filles avec du vernis... Le psy quant à lui, sexiste dans ses interprétations freudiennes de l'histoire de Tara où tout est désir inconscient de la femme, est je le pense une caricature délibérée de la part de Graham Joyce.
Comme un conte est une sympathique histoire de liens familiaux, mais m'a déçue par son manque de magie. Je n'ai pas été transportée, inquiétée, ou en attente du dénouement. Il est largement en dessous de Lignes de vie que je vous conseille vivement.

Pour résumer, Comme un conte de Graham Joyce est un roman fantastique publié chez Bragelonne. Il n'est pas palpitant mais bien mené. Il manque de magie, de cette étincelle qui en aurait fait une histoire vraiment prenante. Bref une lecture sympathique mais dispensable. Si vous voulez lire du Joyce, essayez plutôt Lignes de vie ! Pour ma part, je vais continuer avec La Fée des dents parce que j'aime beaucoup l'univers de l'auteur.
Comme un conte
de Graham Joyce
Bragelonne - Février 2015
448 pages
Traduit de l'anglais par Louise Malagoli
Papier 20€ / Numérique : 12,99€
Titre original : Some kind of fairy tale - 2012

3 commentaires:

  1. Bon je l'emprunterais à la bibliothèque celui-là !

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  2. En même temps, ce n'est pas forcément simple de faire plus réussi que "Lignes de vie" tout en restant dans le même style...

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  3. @Vert : oui ça suffira

    @Lorhkan : non pas évident de faire mieux. Cela dit le style est différent, notamment pour la raison que le contexte n'est pas historique mais contemporain. Je crois que ça enlève un peu de magie pour le coup. Et puis la famille est assez normale, à part pour ce qui est de Tara.

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