vendredi 13 juillet 2012

☺ Marche ou crève de Stephen King - Challenge Sport

Le pitch :
Mieux que le marathon... la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l'arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition... sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n'est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l'aboiement des fusils. Le pire c'est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu'il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L'aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l'odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout., Mais pour quelle victoire ? 

Mon avis :
Je voudrais encourager tous les américains à marcher le plus souvent possible.
C'est plus que sain ; c'est amusant.
JFK, 1962

Marche ou crève est un roman des débuts de Stephen King, qu'il a d'ailleurs publié sous le pseudo de Richard Bachman. Comme la couverture ne l'indique pas avec son "polar", c'est une dystopie dans laquelle le monde a changé (tiens donc) et les militaires (les escouades) ont pris le pouvoir.

Les exergues nous indiquent clairement que c'est une critique des jeux télévisés que fait l'auteur, du voyeurisme des spectateurs. Plus profondément on peut aussi penser qu'il critique la guerre, et le fait d'envoyer des jeunes hommes se faire tuer sans aucune raison valable.

Cela dit, tel n'est pas mon propos aujourd'hui. En effet, j'ai relu ce roman dans le cadre du challenge Sport en cours sur Délivrer des Livres, le blog de Hérisson.

Examinons tout cela d'un point de vue sportif.

Ce bouquin est l'histoire de la course d'endurance la plus longue et la plus sanglante du monde.

L'épreuve se nomme La Longue Marche. Elle consiste à réunir 100 participants mâles de 18 ans maximum, et à les faire marcher jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un. Comme le dit la couverture, pour les autres : une balle dans la tête !

Nous avons donc 100 participants (+100 de réserve s'ils se dégonflent dans les dates limites du dégonflage autorisé), sélectionnés par des tests à la fois physiques et psychologiques. Et oui, ils doivent notamment motiver par écrit leur envie de concourir. Déjà nous n'avons pas affaire à n'importe quel footballeur analphabète de haut niveau. Étant donné le grand nombre de demandes chaque année, un tirage au sort télévisé est organisé pour désigner les participants définitifs.

Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Ce n'est pas une question de force physique.
Si c'était ça nous aurions tous une bonne chance. La tête, Garraty, le cerveau...
Ce n'est pas l'homme ou Dieu... C'est quelque chose dans le cerveau.

Ces marcheurs doivent respecter un règlement très strict. Par exemple, ils ne peuvent pas s'arrêter de marcher, sinon ils récoltent un avertissement. Ils ne peuvent pas non plus marcher sous 6.5 km/h. Au bout de trois avertissements, c'est le carton rouge : la mort. Ils n'ont pas non plus le droit de sortir de la route. Le règlement est aussi valable pour les spectateurs qui n'ont en aucun cas le droit d'aider, ou de nourrir les concurrents.

Curley se mit à hurler. Le garçon était cassé en deux, il se tenait la jambe et criait.
Il marchait toujours, si incroyable que cela parût, mais très lentement. Trop lentement.

Ces supporters justement sont très présents, comme dans tout sport qui se respecte. Ils ont leur favori, font des banderoles, attendent le passage de la Marche sur le bord de la route. Ils les acclament ou les huent, et franchement les rendent un peu dingues. Ils sont surtout assoiffés de sang et rêvent de voir un des marcheurs se faire descendre.

Une fois quand il était en cinquième, il avait lu une nouvelle d'un type qui s'appelait Ray Bradbury, une histoire à propos de badauds qui s'amassent autour du lieu d'accidents mortels.

Les arbitres de la Longue Marche sont les soldats, tireurs d'élite armés jusqu'aux dents, et équipés de matériel informatique leur permettant de mesurer la vitesse des participants en temps réel. Comme tout arbitre, ils respectent scrupuleusement les règles. Mais quand même il ne faut pas trop les chercher. Ce sont aussi eux qui ravitaillent en eau (à la demande) et en nourriture (une fois par jour) les marcheurs.

Les qualités requises pour pratiquer la Longue Marche : un moral d'acier, savoir se rationner, ne pas être trop gros, ni trop mince, ne pas être sujet aux crampes ou à la dépression. Peut-être faut-il aussi être complètement taré.

Il avait l'impression d'avoir fait autant de kilomètres avec sa tête qu'avec ses pieds.

Par essence, la Longue Marche est un sport individuel. Cependant les participants finissent toujours par créer des liens, ne serait-ce que pour s'occuper pendant les longs jours et nuits de marche. Certains se font même des amis et s'entraident, mais cela est bien éphémère quand on sait que l'un ou l'autre pourrait bien être le prochain à prendre son ticket.

- Avertissement ! Avertissement 47 !
Il reçut un grand coup de coude dans les côtes.
- C'est toi, vieux. Debout là-dedans !

C'est aussi un sport d'extérieur, ce qui entraine toutes sortes de désagréments pour nos marcheurs : chaleur, froid, orage, vent de face ou de côté... Mais aussi la nuit.

A 3h45 il reçut un premier avertissement et se gifla violemment pour se forcer à rester éveillé.

Il existe diverses techniques pour tenir. Nous rencontrons celui qui préfère ne se faire aucun ami, rester dans son coin et ne pas discuter. Il y a aussi celui qui va se faire détester en disant qu'il dansera sur les tombes de chacun de ceux qui mourront. Il y a ceux qui se racontent des blagues, ou encore leurs soit-disant histoires de fesse. Ceux qui s'accrochent à leur avenir, leur femme, petite amie...

Je danserai sur ta tombe, balafré !

Bien sûr, au bout de la route, comme dans toute course, le gagnant doit recevoir un prix. Qu'est-ce que ce prix ? C'est au vainqueur de le décider, il peut demander exactement TOUT ce qu'il veut. S'il est encore en état.

N'hésitez pas à vous inscrire, cette course a lieu tous les ans, départ dans le Maine, arrivée à l'endroit où l'avant-dernier concurrent se fera descendre. 

Vive le sport !


14 commentaires:

  1. J'avais adoré ce bouquin! Dévoré en un rien de temps!
    C'est marrant ce challenge "sportif"! :)

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  2. C'est un livre excellent pour qui s'intéresse un peu au comportement sociétal.
    On frôle l'anticipation sociale.

    Et quand on y pense bien, c'était bien vu. Quand il l'a écrit, la télé-réalité n'existait pas encore. Or, quelques-une des émissions de ce type sont aussi dérangeantes que ce que ce livre dénonce (qui, lui, n'est qu'une fiction). Tapez 1 pour éliminer untel : on voudrait prôner la haine et l'individualisme qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Ou bien "la Voix te demande te faire ci, de dénoncer ça, et tu gagneras autant dans ta cagnotte" : de la dictature télévisée.
    Mais ouf, ce n'est qu'un jeu, et Marche ou crève n'est qu'un livre pour le moment. Héhé :-)

    Bon, sérieusement, je vous le recommande chaudement, c'est de la bonne lecture.

    Votre esprit sera alors prêt pour enchaîner avec la BD "V pour Vendetta" d'Alan Moore, dans laquelle le monde n'est pas sans rappeler "Marche ou crève".

    Pop.

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  3. OMG je ne connaissais pas ce livre, mais point de vue sportif ou non cela me fait frissonner! Du coup je le lirai je pense, mais pas pendant l'été :)

    Merci de ta participation, bonne journée, et bonne course :)

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  4. @Phooka : oui la relecture ne m'a pas déçue ! Le challenge sport est sympa oui :p

    @Pop : tout à fait ce livre date de 1979 et le parallèle avec les émissions et le voyeurisme est assez clair. Je le rattache d'ailleurs un peu à Running Man !

    @Hérisson : Lis le tu m'en diras des nouvelles, en plus il est assez court !

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  5. Stephen King est un voyant.
    Enfin, vu qu'il a aussi écrit "Le fléau", espérons qu'il puisse aussi se planter...

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  6. Cela dit, il parle de la télé, mais assez anecdotiquement. C'est la foule réelle, massée devant la vraie horreur de la course, qui le préoccupe vraiment.

    On échappera peut-être au Fléau.

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  7. Par le même Richard Bachman et dans le même esprit, "Running Man" n'est pas mal non plus, d'autant plus qu'il préfigure la veine télévisuelle genre "Hunger Games"

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  8. Oui comme dit plus haut, je suis totalement d'accord avec toi !

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  9. 0.o je l'avais jamais vu celui ci de stephen king. Si je le vois je le prends il a l'air top, ta chronique est vachement bien et donne envie (même si je suis pas un grand sportif^^moi je serais mort assez vite XD)

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  10. Moi aussi je serais morte très rapidement (cela dit, ils n'acceptent pas les filles !)

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  11. J'en entends pas mal parler en ce moment. Et ta chronique donne envie de se lancer (d'autant plus s'il est court :p)

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