samedi 7 avril 2012

Nuit noire, étoiles mortes de Stephen King

Le pitch :
1922. Un fermier du Nebraska assassine sa femme avec la complicité de leur fils pour l'empêcher de vendre sa propriété à un éleveur de porcs. Le début d'une véritable descente aux enfers dans un univers de violence et de paranoïa. 
Grand chauffeur. Une auteure de polar se fait violer sauvagement au bord d'une route. Rendue à moitié folle par l'agression, elle décide de se venger elle-même de l'homme et de son effrayante complice... 
Extension claire. Un homme atteint d'un cancer, fait un pacte faustien avec un inconnu : en échange d'un peu de vie, il vend un ami d'enfance dont il a toujours été jaloux pour souffrir (ô combien !) à sa place... 
Bon ménage. Une femme découvre par hasard qu'elle vit depuis plus de vingt ans aux côtés d'un tueur en série. Que va-t-il se passer maintenant qu'il sait qu'elle sait... 

Mon avis :
Comme je disais il y a peu sur ma page Facebook, je trouve que la nouvelle est souvent sous-estimée. Elle est pourtant un bon moyen de lire un texte percutant dans un temps très court, et convient parfaitement à la SFFF !

Les nouvelles de Stephen King ne sont pas toujours si short que ça, mais il excelle dans le genre. 

La première du recueil, 1922, est longue, mais cela permet de bien faire monter l'angoisse. On s'immerge facilement dans l'ambiance des années 20 aux États-Unis, et l'histoire de ce fermier, qui d'abord nous paraît calculateur et froid, et assassine sauvagement sa femme avec l'aide de son pauvre fils adolescent et va tous deux les plonger dans l'horreur est assez marquante. Il redeviendra humain aux yeux du lecteur à cause de sa paranoïa et de sa peur... Notons le rôle horrifique des rats dans l'affaire... Berk !

Voici ce que j'ai appris en 1922 : le pire est toujours à venir.

La seconde nouvelle est Grand chauffeur. C'est un récit de vengeance assez effroyable, et ce par quoi passe cette femme est révoltant, tellement révoltant que le lecteur (et surtout la lectrice) se prend à comprendre et encourager cette sanglante vengeance... Les violences faites aux femmes sont un thème cher à l'auteur depuis longtemps. En même temps, il explore aussi le côté découverte de la vie d'une écrivaine et des mécanismes d'écriture qu'il affectionne particulièrement.

La troisième nouvelle, Extension claire, nous emmène à Derry, que les fans du clown de ça connaissent bien ! Nous y rencontrons un homme atteint d'un cancer, qui passe un pacte avec le Diable (enfin avec Mr Diabel !) pour prolonger son existence. Mais ce n'est pas son âme, et d'ailleurs ce n'est même pas lui qui paiera ses années de vie en plus, mais bien la personne qu'il déteste le plus au monde : son meilleur ami. Tout d'abord jubilatoire, cette nouvelle nous emmène tellement loin dans la descente aux enfers d'un homme que cela finira aussi par vous toucher...

Il ressemblait au clown le moins sympathique du monde, un clown à moitié démaquillé.
"Vos dents, lança Streeter sottement, elles sont pointues."

La dernière nouvelle s'intitule Bon ménage. J'ai d'abord cru qu'elle était inspirée par la série Dexter, mais apparemment Stephen King avait des sources d'inspiration plus réelles, s'interrogeant sur le fait qu'une épouse puisse vraiment ignorer que sa moitié est un meurtrier. Darcy, parfaitement heureuse en couple depuis des dizaines d'années, découvre avec effroi (fort bien décrit d'ailleurs, à tel point qu'on a l'impression de le vivre !) que son mari est un serial killer, et pas des moindres. La question est : que va-t-elle faire de cette information capitale ?

Ces récits nous touchent d'autant plus qu'ils arrivent à des personnages tout à fait ordinaires et réalistes.

Ce recueil de Stephen King m'a bien plû, et j'ai dû le finir en pleine nuit, seule dans mon lit, j'aime autant vous dire que je n'en menais pas large... Il a donc bien rempli son office le bougre !!

6 commentaires:

Mr. Malevil a dit…

Un des meilleurs bouquins du plus grand écrivain de la création, qui nous livre ici une œuvre des plus angoissante, ces 4 nouvelles explorant avec brio l’âme humaine dans ce qu'elle a de plus sombre, de plus sordide, et finalement de plus vraie... J'ai été pris aux tripes par la quête de vengeance relaté dans grand chauffeur, appréciant spécialement l'influence des "voix" entendue par l’héroïne sur sa conduite (lisez, vous comprendrez). Mais c'est sans hésitation grand ménage qui reste LA nouvelle la plus dingue de ce recueil, sachant savamment nous plonger dans une profonde angoisse avec l'histoire de cette mère de famille découvrant que son mari est un serial killer des plus pervers; car en effet, sommes nous vraiment sur que nos proches sont des "gens biens"? De fait, King continue a s'interroger quant à la part sombre, le "dark passenger" (cf: dexter) qui sommeille obligatoirement en chacun de nous, celle la même qui pousse un père et son fils a assassiner leur mère pour une histoire d'argent dans 1922, et un homme a se délecter de la plongée en enfer de son meilleur (pire?) ami dans grande extension. Bref, un petit chef d'oeuvre !

Lune a dit…

Je vois que toi aussi le côté Dexter t'a bien effleuré !!

Tigger Lilly a dit…

Vivement que ça sorte en poche :p

Lune a dit…

La reine du poche a encore frappé !!
;-)

Cajou a dit…

Je l'ai lu et chroniqué il y a 2 semaines et je l'ai beaucoup aimé. 1922 m'a parue un peu longuette mais les autres m'ont vraiment skotchée, avec une préférence pour "Grand Chauffeur" dont je me suis délectée <3
Au plaisir de te lire ^^
Cajou

Neph a dit…

Je viens de me le procurer, il paraît (et tu confirmes cette impression) que c'est du grand Stephen King... J'ai hâte de m'y mettre !

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