jeudi 21 janvier 2016

Bifrost n°80 : Stephen King

J'achète de temps en temps un numéro de Bifrost, et je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci : n°80 spécial Stephen King, un de mes auteurs doudou depuis l'adolescence. J'ai lu Le Fléau assez tôt (mais je n'avais pas pu le finir à l'époque, j'étais en vacances chez une tante éloignée), avant de me lancer dans Brume et Danse Macabre... Depuis j'ai lu tous ses recueils traduits, et une partie non négligeable de ses romans.

La revue contient quatre nouvelles, deux du King dont une inédite en français (excusez du peu !), ainsi qu'une de Ken Liu (<3) et la quatrième d'Alyssa Wong (que je ne connaissais pas). On y retrouve également un dossier fort instructif sur le King dont une belle biographie ainsi qu'une bibliographie, et des articles de fond sur son œuvre et ses inspirations, puis les critiques habituelles des diverses sorties (avec lesquelles on est d'accord, ou pas, ou pas, ou si quand même), un scientifiction autour des animaux du futur, des infos en vrac et un ours toujours aussi drôle...

Commençons par les nouvelles. Mauvaise herbe de King est inédite en français mais a été adaptée par Romero dans Creepshow en 1982 sous le titre La Mort solitaire de Jordy Verrill, avec Stephen King himself dans le rôle titre. Une effrayante histoire d'invasion extra-terrestre végétale qui commence chez un paysan pas très futé dont le père disait toujours : "Chie dans une main, rêve dans l'autre et tu verras ce qui se remplit en premier." Un bon mais court moment qui joue pas mal sur le couple ridicule/angoisse. L'autre nouvelle du King s'intitule La nuit du tigre et se passe dans le milieu du cirque. On y ressent l'influence de Ray Bradbury. C'est un texte fantastique sympathique, quoiqu'un peu prévisible.

Stephen King dans Creepshow
Chaussures de course de Ken Liu est un excellent texte sur, d'une part, le travail forcé dans certains pays asiatiques pour pouvoir vous vendre de magnifiques baskets pas chères, et d'autre part la... réincarnation. Étrange et inquiétante, cette nouvelle prouve encore une fois l'étendue de l'imagination de son auteur. Et enfin, la meilleure nouvelle des quatre est La reine pêcheuse d'Alyssa Wong. Une jeune fille travaille sur un bateau de pêche avec son père et d'autres membres d'équipage. Ils prennent des poissons dans leurs filets, mais aussi des sirènes. Une histoire qui commence comme un conte pour se terminer de façon horrifique, belle réussite nominée aux Prix Nebula, Shirley Jackson et World Fantasy.


Le dossier sur Stephen King est comme je le disais très instructif. Je lis cet auteur depuis mon adolescence (comme beaucoup d'entre nous !) et il fait partie de mes préférés, un auteur doudou comme on dit, même si j'ai parfois décroché de sa production prolifique. Bien que connaissant de loin son histoire, j'ai particulièrement apprécié la biographie détaillée par Pierre-Paul Durastanti. J'ai découvert avec plaisir l'article de Mélanie Fazi sur Carrie, que je n'ai jamais lu (oui la honte mais j'ai vu le film, renié par l'auteur d'ailleurs). Grégory Drake et Olivier Legendre nous parlent ensuite de la représentation de l'enfant, centrale chez King. J'aurais aimé qu'ils parlent un peu du Talisman, où un jeune ado, Jack, part dans une quête pour... sauver sa mère d'une grave maladie - La mère de King étant décédée d'un cancer en 1973. C'est un détail (mais c'est un de mes romans préférés du King, écrit avec Straub) et l'analyse n'en est pas moins éclairante. Après un gentil mot de Robert Charles Wilson (et il m'a semblé en lire un de Priest aussi), Thomas Day nous parle des nouvelles et novellas du King, partie dans laquelle il faut bien dire qu'il excelle (rien que de penser à Brume j'ai des frissons !) Pour découvrir encore plus d'articles et approfondir le sujet, il ne vous reste qu'à lire ce Bifrost :p


Le papier que j'attendais évidemment le plus était celui sur La Tour Sombre, ce cycle central et essentiel dans l’œuvre de King, la seule série de plus de 5 tomes que j'ai lue entièrement (non parce que faut pas déconner - bon je ne compte pas Les Annales du Disque-Monde comme je ne les ai pas finies). Et pour cause, ce sont mes romans favoris. De la vie. Le Pistolero, malgré son aridité, fut une révélation pour moi. Quand certains (pauvres d'eux) ont trouvé ces romans moyens, j'ai juste kiffé ma race pendant toute ma lecture avec cette Dark Fantasy post-apocalyptique western remplie d'univers parallèles et de magie et purée c'est un mélange de fou qui fonctionne !

L'homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait.
(Best incipit ever)

Comme beaucoup de fans j'ai tremblé en 1999, quand l'auteur a eu un accident (renversé par une camionnette) et qu'il n'avait pas encore fini le cycle. Heureusement tout est allé pour le mieux et il a terminé son chef d’œuvre, bon il n'aura mis que 33 ans. Rendez-vous compte dans un p'tain de monde parallèle, il est mort sans écrire la fin. Et s'il faut je-sais-pas-qui a écrit la suite (remarquez, si ç'avait été Joe Hill, ç'aurait pu ressembler à quelque chose).

"Le mot est Dix-neuf.
Vous essaierez d'oublier mais tôt ou tard, ça sortira de votre bouche comme du vomi.
DIX-NEUF."


Il a pas une tronche de
Roland de Gilead, sérieux ?
Finalement un article intéressant (mais un peu court à mon goût, je crois que je pourrais lire un essai entier sur ces bouquins) qui raconte la genèse de l’œuvre et montre en conclusion à quel point les avis sont partagés sur sa qualité. Je tremble maintenant dans l'attente de l'adaptation (ciné, série ? ça change tout le temps) et du choix des acteurs (même si j'adore Idris Elba, oh que oui, je continue de penser que Hugh Laurie serait le meilleur choix pour interpréter Roland - qui était au départ Clint Eastwood, rappelons-le - et qu'Idris par contre devrait vraiment, mais vraiment être le prochain James Bond. Bon je concèderais éventuellement McConaughey ou Viggo).


Enfin bref, comme j'ai l'habitude de dire, si vous ne voulez pas lire du Stephen King, lisez La Tour Sombre et si vous voulez lire le meilleur de Stephen King, lisez La Tour Sombre.

"Le meurtre existait, et toutes sortes de pratiques indicibles, et toutes au nom du bien,
cette saloperie de bien, cette saloperie de mythe, pour le Graal, pour la Tour."
 


Retrouvez Stephen King sur le blog :
Que vos journées soient longues et vos nuits plaisantes.

Pour résumer, un chouette numéro de Bifrost sur Stephen King
    Un agréable numéro de Bifrost sur un auteur doudou

    Lecture n°9 pour le challenge CRAAA

    Bifrost n°80 - Spécial Stephen King
    Le Bélial' - octobre 2015
    192 pages
    Illustration de couverture par Eric Scala
    Papier : 11€ / Numérique : 5,99€


    9 commentaires:

    1. Merci pour ce billet ! Je sais bien que l'article sur la Tour Sombre est un peu schématique, mais ça tenait de l'exercice de haute voltige que d'éviter au maximum les spoilers. ;)

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      1. C'est un chouette article, vraiment, moi je suis une folle du cycle du coup je suis insatiable mais je me soigne ! Merci à toi !

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    2. Tiens, ça donne envie d'essayer la Tour Sombre.

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      1. Tu devrais. Ça passe ou ça casse !

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    3. Quand même, Lune, tu le qualifies à deux reprises d'"auteur doudou" (comme le doudou des tout-petits, un truc mignon, quoi !), alors qu'il a écrit un certain nombre de bouquins horrifiques (qui m'ont tenue éloignée de lui, depuis je me suis soignée avec 22/11/63, que j'ai beaucoup aimé), je tique :) ! A moins que tu ne me rétorques qu’il est "doudou" parce que tu aimais bien t’endormir avec un de ses livres (pour faire des cauchemars ?!) (mais tu ne pouvais pas t’endormir, puisque tu voulais savoir la fin, non ?!) !

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      1. Et oui auteur doudou dont il est confortable et familier de lire les oeuvres ;-) j'aime être un peu bousculée ou étonnée ou effrayée :p

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    4. Il faut tellement que j'essaye de lire La Tour sombre. Je dis ça depuis des années mais je pense que j'aimerais bien! :)

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    5. Il est très bien ce dossier sur le King de l'horreur, qui est pour moi aussi un auteur doudou, ou était je ne sais pas trop, j'accroche moins à sa production actuelle. Mais j'avais relu Le fléau y a quelques années et ça marchait encore très bien.

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    6. Bon j'allais faire le même commentaire que d'habitude mais tu vas dire que je radotes alors je ne dis rien :P

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